Des explosions retentissent à Téhéran mardi, marquant le quatrième jour de la guerre guidée par Israël et les États-Unis. Donald Trump affirme qu'il est "trop tard" pour engager des discussions.
"Leur défense aérienne, leur armée de l'air, leur marine et leur commandement sont anéantis. Ils souhaitent discuter. J'ai dit : 'Trop tard !'" a écrit le président américain sur son réseau social Truth Social.
À Téhéran, la situation est alarmante. Des frappes ont touché, d'après les médias iraniens, l'institution qui doit élire un nouveau guide suprême après la mort d'Ali Khamenei, survenue samedi. Une vidéo relayée par l'agence Tasnim montre un nuage de fumée s'élever au-dessus de la capitale, où de nombreux bâtiments institutionnels sont situés.
Samireh, une infirmière de 33 ans, témoigne de son angoisse : "J'ai peur de marcher dans les rues désertes car les bombes continuent de tomber." Les attaques israéliennes s'intensifient; Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, déclare que "l'Iran est frappé avec force".
- Des ripostes en cascade -
En réponse, l'Iran intensifie ses frappes sur des sites clés dans les pays voisins du Golfe, souvent liés aux intérêts américains. À Riyad, des détonations ont été signalées, entraînant la fermeture de l'ambassade américaine après une attaque par drone qui a provoqué un incendie.
À Bahreïn, des bases américaines ont été ciblées, tandis qu'au Koweït, l'ambassade a suspendu ses activités par précaution. Le personnel diplomatique non essentiel des États-Unis a reçu l'ordre de quitter l'Irak, la Jordanie et Bahreïn.
- Une escalade inquiétante -
Le bilan humain s'aggrave : le Pentagone rapporte six soldats américains morts, alors que les services de secours israéliens font état de dix victimes dues aux frappes iraniennes. En Iran, le Croissant-Rouge évoque déjà plus de 780 morts, un chiffre non vérifiable par l'AFP.
La situation s’enflamme au Moyen-Orient; le Hezbollah au Liban annonce des tirs de roquettes sur des bases israéliennes, affirmant que c'est une "réponse" à la violence israélienne qui a fait 52 morts, selon les autorités.
L'ONU signale le déplacement de 30 000 personnes au Liban à cause des ordres d'évacuation, avec une inquiétude croissante sur un afflux massif de réfugiés en provenance d'Iran, selon la Commission européenne.
"Un départ de 10% de la population iranienne pourrait générer des flux de réfugiés sans précédent", souligne l'agence.
- Objectif préventif -
Trump a appelé les Iraniens à renverser leur gouvernement, alors que le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, insiste sur le fait que la chute de la République islamique n'est pas l'objectif de cette guerre, qui pourrait s'étendre sur des semaines, voire plus. L’enjeu principal demeure l'éradication du programme nucléaire iranien.
Benjamin Netanyahu avertit que les Iraniens ont commencé à construire des installations souterraines rendant leurs programmes de missiles et nucléaires intouchables.
- Crise économique et tensions -
Les marchés financiers commencent à ressentir les conséquences de ce conflit prolongé, avec une chute des Bourses mondiales. Les prix du pétrole et du gaz augmentent à la suite de l'interruption des livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar et des tensions dans le détroit d'Ormuz.
Après l'attaque d'un pétrolier, prétendument lié aux États-Unis, les Gardiens de la Révolution iraniens ont promis de frapper durement quiconque tenterait de naviguer à travers cette voie maritime stratégique, détournant 20% des réserves mondiales de pétrole.
Les touristes piégés au Moyen-Orient commencent à regagner la France. Aurélien, un cadre banquier de 43 ans, raconte comment leur retour a été perturbé par les bruits d'interceptions de missiles, alors que Paris envisageait des évacuations pour ses ressortissants.







