La photographie emblématique, souvent appelée "La Petite Fille au Napalm", suscite des débats depuis des mois. La célèbre image de Kim Phuc, une enfant de neuf ans courrant, nue et brûlée, sur la route de Trảng Bàng pendant la Guerre du Vietnam, a toujours été attribuée à Nick Ut. Récemment, un documentaire diffusé sur Netflix remet en question cette attribution. Nick Ut, célèbre pour son travail avec l’Associated Press, a donc décidé d'intenter une action en diffamation contre la plateforme.
Le documentaire, intitulé The Stringer: un photographe pour l'histoire, réalisé par Gary Knight, cofondateur de la VII Foundation, prétend que le véritable auteur pourrait être un photographe pigiste local, Nguyễn Thành Nghệ, qui aurait vendu la pellicule à l'AP pour 20 dollars. Cette assertion marque un tournant dans l'histoire de la photographie, remettant en cause une légende établie depuis des décennies.
Un rapport d'expertise de 97 pages fourni par l'Associated Press soutient la position de Nick Ut, affirmant qu'il est très probable qu'il ait pris cette photo. En revanche, World Press Photo a choisi de suspendre l'attribution de l'auteur, créant ainsi un flou autour de la paternité de ce cliché iconique.
La décision de Nick Ut de porter l'affaire en France est stratégique, car la VII Foundation y a son siège social. Il réclame 100 000 euros de dommages et intérêts ainsi que 20 000 euros pour couvrir ses frais de justice. Pour lui, ces fonds devraient être reversés à une œuvre caritative, ce qui témoigne d'une volonté de transformer cette controverse en une cause sociale.
Les experts du monde de la photographie s'interrogent également sur les implications de cette controverse. Certains, comme le critique de médias Jean-Pierre S. de Le Monde, soulignent que cette affaire pourrait redéfinir les standards de l'attribution des œuvres photographiques. Ils mettent en garde contre la fragilité des légendes établies, qui peuvent être ébranlées par de nouvelles recherches ou témoignages.
Il semble que cette bataille juridique suscitera des réaction variées et pourrait avoir des répercussions importantes sur la reconnaissance des photographes de guerre, déjà souvent sous-représentés dans les sphères médiatiques.







