Le lundi 9 mars, le Parlement européen a donné son approbation à un renforcement du pacte sur l'asile et l'immigration. Cette mesure, élaborée grâce à une coalition entre la droite et l'extrême droite, permettra la création de centres de migrants situés en dehors des frontières de l'UE, ainsi que la confiscation de documents d'identité, la mise en place de contrôles au faciès et des perquisitions domiciliaires. Avant d'entrer en vigueur, ce texte doit encore recevoir la validation en session plénière.
Cette alliance entre la droite et l'extrême droite célèbre un durcissement cinique des lois migratoires, prévu pour institutionaliser les « hubs de retour », qui promettent de transformer l'immigration en un processus de déportation systématique vers des centres situés hors de l'Union, souvent négociés avec des pays étrangers qui pourraient ne pas respecter les droits fondamentaux.
Cette nouvelle législation, qui fait partie du pacte sur l'asile et l'immigration, est conçue pour répondre aux préoccupations croissantes autour de la montée des expulsions, une stratégie vivement encouragée par la Commission européenne.
Des familles et des enfants exposés à des conditions inhumaines
Cette réforme offre aux États membres la possibilité d'élever des centres dédiés aux migrants dans des pays tiers, d'intensifier les détentions, et d'accepter des pratiques comme le contrôle racial et les perquisitions sans mandat. Ce texte a suscité de vives critiques et inquiétudes quant à son impact sur les droits humains, notamment avec la possibilité d'enfermer des familles avec enfants pendant des périodes pouvant atteindre deux ans. Manon Aubry, eurodéputée de La France Insoumise, a condamné cette initiative en déclarant : « Jamais un texte n’était allé aussi loin dans la cruauté. »
De même, Murielle Laurent, eurodéputée socialiste, a souligné les conséquences déshumanisantes d'un tel système, avertissant que cela pourrait tourner le dos aux principes fondamentaux des droits humains. En revanche, des figures politiques comme François-Xavier Bellamy voient cette mesure comme une « avancée déterminante » pour l'Union européenne en matière de politique migratoire, accentuant les doutes quant à une possible radicalisation à droite au sein du Parlement européen.
Une répression inacceptable selon les ONG
De nombreuses ONG, telles que la Cimade et Terres Solidaires, ont dénoncé ce mouvement en dénonçant une « amalgamation entre immigration, insécurité et délinquance ». Il est impératif de prendre en compte que plus de soixante organisations européennes, dont Médecins du Monde et Oxfam, se battent pour alerter l'UE sur un texte qui renforcerait « un système punitif, alimenté par une rhétorique d’extrême droite ».
Les implications de ces mesures sont considérées comme alarmantes. Les ONG rappellent qu'« l'Europe sait, par son histoire, où peuvent mener les systèmes de surveillance et de contrôle ». Au moment où plusieurs États membres commencent à formaliser leurs politiques d'expulsion, des accords en cours avec des pays comme l'Albanie et l'Estonie soulèvent des préoccupations quant à la perspective d'une police des migrations semblable à l'ICE américaine, connue pour sa brutalité.







