Tokyo (AFP) – La flambée des prix du pétrole, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, provoque une agitation palpable chez les automobilistes et motocyclistes à travers l'Asie. Ceux-ci se précipitent aux stations-service pour éviter des rationnements ou dissuader des hausses imminentes.
Vietnam : attente et frustration
Au Vietnam, des milliers de motocyclistes se pressent dans les stations-service, alors que le prix de l'essence sans plomb a bondi d'environ 20 % en seulement dix jours. La population craint d'autres augmentations, malgré la suppression des taxes douanières sur les produits pétroliers importés. Les médias d'État signalent déjà des fermetures ou des heures de fonctionnement réduites concernant certaines petites stations.
Tuan Hung, un Vietnamien de 33 ans, déplore : "Je ne travaille que le jour, alors je fais la queue le soir pour faire le plein. Cette guerre est insensée. Tout devient plus cher, alors que nos salaires restent stagnants." Thuy, une employée de station-service, remarque l’épuisement général : "Les clients font la queue toute la nuit." Un autre automobiliste, mécontent d'un système en panne à Hanoï, explique : "J'ai dû faire la queue une fois de plus après que ma station a fermé juste avant moi."
Philippines et Pakistan : les files s'allongent
À Manille, la chaleur accablante n'empêche pas les longues files de motos, de taxis et de voitures qui s'accumulent devant les stations. Enrico Guda, 31 ans, pompiste, témoigne que sa station reçoit deux fois plus de véhicules que d'habitude. Francis Aranda, étudiant de 25 ans, confie prévoir d'utiliser sa réserve d'essence pour éviter l'incertitude des jours suivants.
En parallèle, le Pakistan a récemment augmenté le prix du carburant d'environ 20 %, ce qui a également entraîné de longues files d'attente. Au Sri Lanka, la situation semblait se calmer après un afflux de clients la semaine précédente.
Bangladesh : rationnement et tensions
Au Bangladesh, un rationnement vient d’être mis en place, interdisant aux utilisateurs de deux-roues de faire le plein de plus de 2 litres. Des queues se forment spontanément devant les stations à Dacca. Des incidents violents ont été signalés, un homme étant décédé dans la nuit.
Nazmul Haque, président de l'association des propriétaires de stations-service, critique ce rationnement : "Nous ne gagnons pas d'argent avec cela. Je suis obligé de payer des heures supplémentaires à mon personnel pour faire face à l'afflux."
Birmanie : priorité à la préservation des réserves
En Birmanie, les autorités ont instauré des restrictions de circulation pour protéger les réserves d'essence : seuls les véhicules avec des plaques d'immatriculation paires peuvent circuler les jours pairs. Hla Htay, responsable d'une agence de location de voitures, note que cela complique la tâche des personnes dépendantes de leurs véhicules pour le travail.
Corée du Sud : une pression persistante malgré le plafonnement des prix
Séoul a récemment annoncé un plafonnement des prix de l'essence. Toutefois, l'anxiété demeure chez de nombreux automobilistes. Kim Tae-hoon, homme d'affaires de 36 ans, déclare : "Je fais le plein chaque fois que je trouve une station moins chère."
Chine, Japon, Inde : calme relatif
En Chine, peu de files ont été signalées, et des observations sporadiques à Nankin ou Shenyang n'ont pas été notées à Pékin ou Shanghai. En Indonésie, le prix fixe subventionné du carburant évite les bouleversements, tandis qu'en Inde et au Japon, la situation semble demeurer stable, avec aucune indication d'achats excessifs.
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