À un mois des élections législatives en Hongrie, les tensions s’intensifient entre les partisans de Viktor Orban et Peter Magyar. Ce dimanche à Budapest, les deux leaders organisent des manifestations rivales, chacun accusant l’autre de recevoir des soutiens étrangers. Cette escalade témoigne d'une campagne marquée par des suspicions d'ingérences, particulièrement à l'approche du scrutin du 12 avril.
Viktor Orban, qui aspire à un cinquième mandat consécutif, se retrouve en position délicate dans les sondages. Il dénonce l'Union européenne et l'Ukraine comme complices de l'opposition politique qu'il tient à discréditer. Des affiches dépeignant le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un cadre défavorable ont été installées à travers le pays, renforçant cette image.
De son côté, Peter Magyar s’oppose fermement, accusant Orban de chercher un soutien auprès de la Russie. Des rapports d'investigation par VSquare et le Financial Times ont révélé l'existence d'une campagne de désinformation orchestrée par le Kremlin, ce qui alimente les tensions entre les deux camps.
Leurs rassemblements, qui coïncident avec la commémoration de la lutte de 1848 pour l'indépendance, visent à galvaniser leurs bases respectives. Orban prévoit une « marche pour la paix » qui passera près du Parlement, tandis que Magyar s'adressera à ses partisans au cœur de Budapest.
Une campagne d’affichage polémique
En difficulté, Orban esquisse une stratégie basée sur des attaques contre Zelensky, le présentant comme le « marionnettiste » de Magyar et l’incarnation de la menace de guerre. Robert Laszlo, expert en politique électorale, explique que cette approche dévie l’attention des problèmes internes, car Orban peine à répondre aux accusations sur l’effondrement des services publics à cause de la corruption.
Parallèlement, une campagne de sensibilisation a été lancée avec comme slogan : « Ne laissons pas Zelensky avoir le dernier mot ». Cette campagne met en avant une image souriante de Zelensky, qui est perçu comme l'homme politique le moins apprécié en Hongrie, derrière Vladimir Poutine, selon une étude de Policy Solutions.
Tensions autour d’un oléoduc
Les relations entre Budapest et Kiev se sont récemment tendues suite à l'arrestation de convoyeurs de fonds ukrainiens en Hongrie. Cette situation a relancé les tensions concernant l'oléoduc Droujba, dont la Hongrie accuse l'Ukraine d'entraves. Le président Zelensky a, quant à lui, laissé entendre qu'il souhaitait éviter la remise en état de cet oléoduc, en raison de ses origines russes.
En représailles, Orban a mis en suspens un prêt de 90 milliards d'euros proposé par l'UE à l'Ukraine et a augmenté la sécurité autour des infrastructures énergétiques hongroises, citant de potentielles menaces ukrainiennes, ce qui a incité Magyar à dénoncer des manœuvres de manipulation de la réalité.







