L’émirat de Dubaï, désireux de préserver son image de destination sécurisée, impose des réglementations strictes quant à la diffusion de contenus visuels. Récemment, trois citoyens français ont été interpellés à Dubaï pour avoir partagé des images des attaques de missiles et de drones sur la ville, comme l'a rapporté France Télévisions ce mercredi. Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé qu'ils bénéficient de l'assistance consulaire dans cette affaire. En tout, 60 personnes sont actuellement en garde à vue, accusées d'avoir mis en péril la sécurité nationale par leurs publications sur les réseaux sociaux.
De nombreux influenceurs, qu’ils soient résidents ou de passage à Dubaï, ont partagé ces images sur leurs plateformes, attirant ainsi une attention massive. Toutefois, ces contenus ont progressivement disparu, étant remplacés par des publications vantant la sécurité de l’émirat et la gestion de la crise par ses autorités, comme l'indique Le Parisien.
Certains influenceurs français ont avoué qu'il existe une forme de censure imposée. « On ne peut pas publier ce qui pourrait semer la panique », a expliqué Fidji Ruiz sur ses réseaux sociaux. Depuis des décennies, la région du Golfe est perçue comme un havre de paix, et les Émirats Arabes Unis s’enorgueillissent d’évoluer parmi les nations les plus sûres. Cependant, cette perception a été sérieusement ébranlée à la suite des premières attaques iraniennes le 28 février dernier.
La célèbre influenceuse Maeva Ghennam, quant à elle, avait partagé son inquiétude sur la situation, avouant à ses abonnés : « J'ai peur ». Selon les déclarations rapportées par France Télévisions, elle a été convoquée par la police de Dubaï peu après pour des raisons qui ne concernent pas ses vidéos. « Je n’ai pas été convoquée pour mes publications », a-t-elle clarifié dans une story.
Une législation stricte sur la cybercriminalité
La semaine dernière, l’ONG Detained in Dubaï a révélé que 21 personnes avaient été inculpées pour avoir publié des images des frappes. « Selon la législation émiratie sur la cybercriminalité, non seulement l'initiateur de la publication peut être poursuivi, mais aussi ceux qui la modifient, la republient ou en font des commentaires », a déclaré Radha Stirling, directrice de l’ONG. Les sanctions peuvent s'élever à deux ans de prison et des amendes allant de 20 000 à 200 000 dirhams (soit environ 4 700 à 47 000 euros).
Au Qatar, près de 200 personnes auraient également été inculpées sur des bases similaires. France Télévisions a précisé que son équipe avait été empêchée de filmer certains lieux sensibles, tandis qu'un photographe a été appréhendé à Doha pendant la première journée de conflit alors qu'il essayait de capturer des clichés de l'aéroport.







