Depuis le début des hostilités, la situation dans le détroit d'Ormuz, une voie stratégique pour le transport maritime, est devenue préoccupante. Les forces iraniennes ont considérablement restreint le passage, entraînant une chute vertigineuse du trafic maritime, alors que seuls quelques pétroliers, destinés principalement à la Chine, continuent d'utiliser cette route.
Selon des analyses de la société de données Kpler, du 1er au 21 mars, le nombre total de traversées a chuté de 95 %, ne laissant passer que 138 navires, dont la majorité étaient des pétroliers. Richard Meade, rédacteur en chef de la revue maritime Lloyd’s List, a confirmé que la situation est critique, avec une large majorité des navires contrôlés par l'Iran ou affrétés sous son pavillon.
Un ralentissement alarmant
Cette chute s'est accompagnée d'une vague de préoccupations économiques mondiales. Les analystes de JPMorgan notent que 98 % du trafic pétrolier observé dans cette région provient d'Iran, une situation susceptible d'affecter les marchés mondiaux. Les exportations iraniennes continuent d’être surveillées avec attention, alors que plus de 40 % des navires qui ont traversé le détroit depuis le début de la guerre sont sous sanctions américaines ou européennes, mentionne la presse britannique.
Au milieu de cette crise, certains pays, comme la Chine et l'Inde, semblent avoir trouvé un moyen de maintenir leurs approvisionnements en négociant directement avec Téhéran. Cela a été mis en lumière par la récente traversée de trois navires, dont un pétrolier à destination de la Chine et deux méthaniers indiens transportant du gaz, constat rapporté par MarineTraffic.
Négociations en cours
Des discussions sont menées par plusieurs gouvernements asiatiques avec l'Iran pour coordonner le transit maritime, permettant ainsi à certains navires de contourner les pressions du conflit. Brigdet Diakun, analyste chez Lloyd’s, a noté que ces avancements révèlent une résilience du trafic malgré les tensions, avec des navires grecs et chinois prenant progressivement des parts de marché dans la région.
Malgré la situation tumultueuse, les experts s'interrogent sur l'avenir du commerce maritime dans cette zone vitale. Le potentiel de sanctions additionnelles et la vigilance des forces maritimes rendent la situation extrêmement dynamique et précaire.







