Ce jeudi, le Parlement européen est sur le point de durcir la politique migratoire de l'Union européenne en approuvant le concept de "hubs de retour", des centres destinés à réexpédier des migrants hors de l’UE.
Proposées par certains eurodéputés de droite et d'extrême droite ainsi que par plusieurs États membres, ces mesures sont néanmoins fortement contestées par les partis de gauche et les ONG, qui alertent sur les risques d'atteinte aux droits humains.
Actuellement, seulement 20% des décisions d'expulsion aboutissent, une situation dénoncée par ceux qui militent pour une politique migratoire plus sévère. En mars 2025, la Commission européenne avait déjà présenté une initiative visant à accroître les expulsions, que les eurodéputés vont examiner ce matin.
Le texte de ce projet permettrait aux États membres d’établir des centres pour migrants dans des nations extérieures à l'UE, avec pour objectif d'y envoyer et éventuellement de retenir des personnes ayant vu leur demande d'asile rejetée.
Des règles plus strictes telles que la confiscation de documents d'identité et des détentions pour ceux qui refusent de quitter le territoire sont également envisagées.
L’initiative comprend également un système de reconnaissance mutuelle des décisions entre États membres, par exemple, une décision prise en France pourrait être applicable en Espagne.
- Projets pilotes? -
Marta Welander, de l'ONG International Rescue Committee, qualifie ce vote de "recul historique des droits des réfugiés", s'inquiétant de l'augmentation des détentions de populations vulnérables, notamment d'enfants.
Le soutien à cette législation a été renforcé par une collaboration entre la droite et l'extrême droite, suscitant des critiques en Allemagne, où le chancelier Friedrich Merz a exprimé son désaccord.
L'eurodéputée écologiste Mélissa Camara a mis en lumière cet enjeu en demandant : "Quelle sorte d'Europe voulons-nous ? Celle de la haine et de l'enfermement ?".
L'idée de créer des hubs pour détenir des migrants n'est pas nouvelle et a été précédemment testée en Italie en Albanie, un projet qui a peiné à fonctionner en raison de contestations judiciaires, n'accueillant que 90 personnes en février dernier.
Un projet similaire entre le Royaume-Uni et le Rwanda a également échoué, mettant les deux pays dans une bataille judiciaire.
Récemment, un groupe restreint d'États membres, comprenant le Danemark, l'Autriche, la Grèce, l'Allemagne et les Pays-Bas, a été constitué pour analyser ces modèles avec l'intention de lancer des projets pilotes d'ici la fin de l'année, selon un diplomate.
Des pays comme la France et l'Espagne demeurent prudents quant à l'efficacité de ces centres et se montrent réticents à participer aux discussions.







