Aujourd'hui, la discussion sur le genre prend une ampleur considérable, comme le souligne le dernier ouvrage de Le Robert intitulé Et si on arrêtait de penser au masculin ?, sous-titré Comment voir le monde sous un autre genre. Les auteurs, Pascal Gygax, Sandrine Zufferey, et Ute Gabriel, mettent en lumière une anecdote révélatrice : "Un père et son fils partent en voiture à la campagne. Sur le chemin, ils ont un accident. Le père perd la vie. Le fils est emmené à l’hôpital où le chirurgien s’exclame : 'C’est mon fils !' Que se passe-t-il ici ?"
Ce qui paraît étrange révèle la force des stéréotypes, nous rendant réticents à imaginer le chirurgien comme une femme. Pourtant, c’est bien là sa réelle identité, selon les auteurs.
Une étude antérieure a montré qu'en demandant à un groupe d'individus de citer leur écrivain préféré, les réponses étaient majoritairement masculines, tandis qu'en précisant "écrivain ou écrivaine", le nombre d’auteurs femmes augmentait considérablement. Ce constat met en lumière l'importance croissante de féminiser les noms de métiers au fil des années.
Notre cerveau face à l’ambiguïté
L’un des aspects les plus fascinants de cet ouvrage est l’analyse psychologique de notre rapport au langage. Par exemple, si je dis que "deux enfants – ou deux chirurgiens ! – vous attendent", cela ne dévoile pas le sexe des individus concernés. Néanmoins, notre cerveau, selon les auteurs, "ne tolère pas cette ambiguïté" et finit par choisir une image stéréotypée.
Cette tendance, qualifiée de paréidolie, retrace notre besoin de comprendre et donner du sens à tout. Ainsi, si vous observez un nuage suffisamment longtemps, vous y verrez inéluctablement une forme. Cette préférence pour le masculin, loin d’être neutre grammaticalement, influence clairement notre représentation mentale, comme le souligne Le Monde.
Clore ou clôturer ?
Une question est parvenue de Sylvie sur l’Instagram du Bonbon sur la langue. Elle travaille dans l’informatique et s’interroge sur l'emploi du terme 'clôturer' par rapport à 'clore', signalant que le premier évoque plus une action physique comme entourer un terrain. Quel est donc le bon terme selon vous ?
Les deux peuvent être employés, bien que certains puristes préfèrent 'clore'. Cependant, 'clore' est un verbe réputé défectif, n’ayant pas de conjugaison dans tous les temps, whereas 'clôturer', étant un verbe régulier 'ER', remporte la faveur populaire. Par exemple, "il clôtura" est correct, mais on ne peut pas dire "il closit". C'est cette simplicité qui a propulsé 'clôturer' au premier plan.
Pour discuter davantage du français et de ses subtilités, je vous invite à me rejoindre le samedi 28 mars à 10h30 aux Archives départementales du Loiret, à Orléans, pour une dictée atypique où copier sur votre voisin est la norme. On se retrouve au 29, bd Marie Stuart. N’oubliez pas votre stylo ! Je m’y rends tout de suite !







