La guerre actuellement menée contre l'Iran par les États-Unis et Israël pourrait connaître un tournant décisif avant le 28 mars. Un mois après le début de cette offensive, le second ultimatum fixé par Donald Trump approche de son terme, lui laissant deux voies à envisager, qui pourraient toutes deux s'avérer problématiques.
La première option consisterait à proclamer la fin des hostilités, en prétendant que les objectifs militaires ont été atteints. Trump pourrait affirmer que l'élimination du Guide suprême, Ali Khamenei, était nécessaire suite aux répressions violentes des manifestations en Iran. L’argumentation pourrait inclure la destruction quasi totale de la direction militaire et politique iranienne, mettant ainsi Teheran dans une position de faiblesse inédite.
Cependant, cette approche présente des risques significatifs. Le régime iranien pourrait, en cas de préservation, chercher à restaurer ses capacités, notamment son programme nucléaire. De plus, il est plausible que la stratégie israélienne ait récemment permis à des factions plus radicales en Iran de renaître et de se regrouper.
L'alternative serait de recourir à une méthode déjà utilisée par Trump en 2025 : jouer la carte des négociations, mais uniquement en position de force, tout en intensifiant les menaces militaires. Avec les troupes américaines se déplaçant vers le Golfe et sans explication claire sur leurs objectifs, cette tactique pourrait mener à une offensive surprise.
Opter pour ce dernier choix pourrait entraîner une escalade régionale, renforçant les convictions du régime iranien selon lesquelles il lutte pour sa survie, ce qui inciterait à provoquer des troubles pour tenter de désarmer la volonté des États-Unis. Une telle escalade suscite des inquiétudes parmi l'opinion publique américaine, qui demeure opposée à un engagement militaire accru, notamment des troupes au sol.
Encourager le dialogue avant la tempête
Aucune de ces options n'est pleinement satisfaisante. Donald Trump doit peser ses choix afin d'éviter une détérioration de la situation, ce qui pourrait avoir des répercussions néfastes sur son mandat. Ce dernier est déjà scruté avec une attention aiguë par les électeurs américains.
Les effets d'une escalade militaire ne se limiteraient pas à la région : elles fragiliseraient également les économies de nombreux pays affectés par ce conflit. En 2003, l'intervention en Irak avait montré à quel point une stratégie militaire bien planifiée peut vite échapper au contrôle. Actuellement, l'impréparation des États-Unis face à ce conflit soulève des préoccupations légitimes.
Cependant, il n'est pas trop tard pour changer de cap. Le premier mois de conflit a déjà causé des dommages considérables de part et d'autre du Golfe. Des nations ont proposé leur aide pour entamer une désescalade, qui devrait débuter par l'abandon de demandes irréalistes des deux côtés. La diplomatie mérite une nouvelle chance.







