Des gérants indépendants de stations-service en Corse ont décidé de bloquer les deux dépôts pétroliers de l'île, dénonçant une concurrence déloyale face aux tarifs fixés par Totalenergies. Frédéric Sauli, porte-parole du collectif, a exprimé les préoccupations des 60 stations de l'île. "Nous risquons la fermeture rapide. Il y a un écart de 30 centimes par litre entre nos prix et ceux de Total, qui bénéficie d'un soutien gouvernemental avec un tarif bloqué pour la France", a-t-il déclaré.
Depuis le 12 mars, Totalenergies a annoncé un plafonnement du prix de l'essence à 1,99 euro le litre et 2,09 euros pour le diesel dans ses stations, y compris celles en Corse.
"Nous ne pouvons plus continuer ainsi. Notre unique demande est un prix juste pour tous les Corses", a exprimé Sauli. Il a souligné que le soutien national à Total crée une distorsion de concurrence avec les distributeurs locaux.
Vers une solution : baisser les taxes ?
Frédéric Sauli appelle à une réduction des taxes de la part de l'État ou à une discussion entre Total et les autres distributeurs en Corse. Le gouvernement a promis d'annoncer des aides pour les acteurs économiques touchés par la flambée des prix due à la guerre au Moyen-Orient.
"Nous ne demandons pas à Total de relever ses prix", a précisé Sauli, suggérant que Total puisse vendre le carburant au prix fixé à ses fournisseurs locaux.
Une réunion avec le préfet de Corse avait été planifiée avant le début de la grève, ce qui montre l'urgence de la situation. En novembre dernier, l'Autorité de la concurrence avait déjà sanctionné Totalenergies pour des pratiques anticoncurrentielles en Corse, et le groupe a annoncé son intention de faire appel.







