En Corse, l'immigration doit être reconnue comme un élément crucial pour la dynamique économique. D'après une récente étude de l'INSEE, environ 21 500 immigrés âgés de 15 à 64 ans résident sur l'île, et une grande majorité d'entre eux est principalement présente pour travailler. Ce rapport, publié après les élections municipales, relance des débats sensibles sur un sujet qui touche directement le quotidien des Corses.
Cette étude démontre que le taux d'emploi des étrangers en âge de travailler en Corse atteint 61 %, surpassant le 53 % observé dans d'autres régions françaises. Ces travailleurs immigrés sont particulièrement actifs dans des secteurs stratégiques comme le bâtiment, le tourisme et les services à la personne.
Le secteur du bâtiment se distingue particulièrement. Quarante-trois pour cent des ouvriers immigrés y sont impliqués, contre seulement 17 % sur la métropole. Ce constat révèle une dépendance notable à cette main-d'œuvre pour le développement d'infrastructures et de services locaux.L'analyse révèle également que 72 % des travailleurs étrangers occupent des métiers dits "en tension", pour lesquels les entreprises témoignent de réelles difficultés de recrutement. Sur le terrain, les employeurs précisent que l'origine des travailleurs n'est pas le cœur des préoccupations. Dans le secteur de l’aide à la personne, par exemple, la pénurie de candidats touche toutes les origines.
Stéphanie Verdi, directrice du groupement Cap Service qui soutient 1600 personnes dans divers contextes, souligne : "Nous ne rencontrons pas plus de difficultés à embaucher des Corses que des personnes d'autres régions ou des étrangers. Le problème concerne l'ensemble du secteur." Pour pallier cette situation, l'entreprise mise sur la formation pour fidéliser ses employés, proposant un parcours professionnel solide avec un organisme de formation interne.
La majorité des travailleurs vient de l’Union européenne
Un regard plus approfondi sur la nationalité révèle que les travailleurs immigrés proviennent principalement du Portugal (34 %), de Roumanie (10 %) et d'Italie (7 %). Les ressortissants du Maghreb, quant à eux, représentent 36 %, majoritairement originaires du Maroc.
Pour les chercheurs de l’INSEE, la contribution de cette main-d’œuvre aux secteurs clés de l’économie est indéniable. Barbara Luquet, chargée d'étude, affirme : "S'ils n'étaient plus présents, cela créerait un vide difficile à combler. Ces postes en tension exigent des personnes prêtes à travailler afin de maintenir l'activité économique."
Toutefois, il est essentiel de souligner les disparités entre hommes et femmes sur le marché de l'emploi en Corse. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 76 % des hommes immigrés sont employés, contre seulement 41 % des femmes, souvent confinées à des métiers peu qualifiés dans le secteur de l'aide à domicile. Ces dernières, souvent moins à l'aise avec la langue et les compétences de base, rencontrent des obstacles significatifs à l'accès à des emplois variés. Bien que l'étude ne creuse pas ce sujet en profondeur, il est clair que l'égalité des genres sur le marché du travail reste un défi majeur pour l'île.







