Donald Trump pourrait surprendre en conservant un certain crédit. Alors que des incertitudes entourent le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran, les prix du pétrole ne connaissent pas l'envolée redoutée. Goldman Sachs avait prédit un baril à 130 dollars en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz, mais le prix se maintient autour de 96 dollars. Le président a lui-même reconnu ses attentes pessimistes, affirmant que la situation n'est pas aussi critique que prévue.
Comme l'explique Javier Blas, analyste énergétique chez Bloomberg, cette tranquillité relative s'explique par la stratégie de communication de Trump, qui utilise les réseaux sociaux pour influencer les marchés, une méthode que l'on appelle le jawboning. Récemment, Trump a annoncé des « discussions fructueuses » avec l'Iran sur son réseau Truth Social, entraînant une chute immédiate de plus de 10 % du prix du pétrole.
Cette approche, même si elle semble parfois fallacieuse, pourrait apaiser les marchés en cas de hausse préventive des prix. Ainsi, Trump utilise ses déclarations comme un outil pour créer l'illusion d'un apaisement imminent, alors même que les tensions persistent. Sa surenchère verbale semble efficace pour garder les prix à un niveau acceptable, malgré la complexité des événements militaires sur le terrain.
Une tactique qui repose sur la crédibilité
Depuis le début des hostilités, l'Iran a menacé le détroit d'Ormuz, crucial pour le passage des tankers, et a tenté de jouer un rôle actif sur le marché pétrolier. Les États-Unis réagissent avec des ajustements dans leurs réserves et certaines sanctions, mais la maîtrise du narratif relègue ces efforts au second plan. Les experts s'accordent à dire que la réputation de Trump de changer de cap rapidement influence directement les attentes du marché. Ce phénomène, surnommé « TACO » (Trump Always Chickens Out), fait que les investisseurs anticipent un revirement, ce qui joue en faveur de la stabilité des prix.
L'Iran, pour sa part, répond par une campagne médiatique intense, dénonçant les manipulations financières orchestrées par les États-Unis. Mohammad-Bagher Ghalibaf, un haut responsable iranien, critique les « fausses informations » utilisées pour influencer les marchés, soulignant que cette guerre d'influence a un coût. C'est une bataille verbale cruciale dans laquelle les deux camps tentent de contrôler l'économie du conflit.
« Les discours rassurants ne suffisent pas à faire tourner les raffineries », souligne Javier Blas. La situation sur le terrain pourrait rapidement contourner l'efficacité de ces tactiques de communication.
La lutte pour influencer les perceptions continue, et il reste à voir combien de temps cette stratégie pourra ralentir l'inévitable : une augmentation des pénuries physiques. Si le conflit se prolonge, les mots risquent de ne plus suffire pour apaiser les marchés et maintenir la stabilité.







