Le gouvernement autrichien a annoncé son intention de prohiber l'utilisation des réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 14 ans, marquant ainsi une étape significative en matière de protection de l'enfance. Cette décision a été le fruit de négociations au sein d'une coalition réunissant la gauche, la droite et les libéraux, et devrait être officialisée cet été, avec un objectif d'entrée en vigueur rapide.
"Il est presque impossible pour les parents de contrôler la consommation de leurs enfants" sur ces plateformes "qui sont faites pour les rendre 'sciemment dépendants'", a déclaré le vice-chancelier social-démocrate Andreas Babler lors d'une conférence de presse.
Ce petit pays européen aspire à prendre des mesures concrètes pour protéger ses jeunes utilisateurs. Andreas Babler a précisé que cette législation ne dressera pas une liste exhaustive des plateformes concernées, mais ciblera spécifiquement celles dont les algorithmes exploitent la dépendance, engendrant des profits et ayant des effets potentiellement nocifs.
L'argumentation servie par le vice-chancelier repose sur la préoccupation que les enfants se retrouvent dans un environnement en ligne les exposant à des idéaux de beauté irréalistes, à la violence et à la désinformation. De plus, une expérience récente menée par le ministère de l'Éducation, impliquant 72 000 élèves, a révélé que plusieurs participants avaient pris conscience des effets délétères d'une consommation excessive des réseaux sociaux.
Cibler les plateformes et leurs algorithmes
Les autorités autrichiennes dorment sur la mise en place d'un mécanisme de vérification des âges pour limiter l'accès aux jeunes en ligne. Néanmoins, aucun consensus n'a encore été atteint concernant la méthode précise qui sera adoptée.
En parallèle à cette interdiction, les responsables politiques envisagent l'introduction d'une nouvelle matière scolaire appelée "Médias et démocratie", dont l'objectif sera d'aider les élèves à distinguer le vrai du faux dans le paysage numérique. Ce projet a suscité quelques critiques, notamment de la part du défenseur des droits des mineurs, Sebastian Öhner, qui a souligné la nécessité d'imposer aux entreprises algorithmiques une réelle responsabilité dans l'encadrement des jeunes utilisateurs.
D'autres pays de l'Union européenne tels que la France, l'Espagne, et le Danemark envisagent également d'implémenter des restrictions similaires sur la majorité numérique. Aux États-Unis, des décisions judiciaires récentes ont mis en lumière la responsabilité des géants technologiques envers la vulnérabilité des jeunes utilisateurs, avec des verdicts qui conviennent que ces entreprises ont failli à leur devoir d'informer les jeunes sur les dangers de leurs plateformes.
L'Autriche se positionne ainsi à l'avant-garde de ce débat crucial, appelant à une évolution dans la manière dont les jeunes interagissent avec les technologies numériques. Un débat que plusieurs nations commencent à prendre en compte, mais qui reste délicat à équilibrer avec les enjeux de liberté d'expression, comme l'affirme la députée de l'extrême droite, Katayun Pracher-Hilander.







