Mieux vaut prévenir que guérir. Ce proverbe populaire mériterait, selon France Assureurs, d'être davantage intégré dans notre système de santé.
Ce 25 mars, lors de son bilan annuel, la présidente de la fédération, Florence Lustman, a suggéré que les complémentaires santé offrent de meilleurs remboursements aux patients qui s'engagent dans un parcours de prévention avant de développer des maladies.
"Si l'assuré participe activement à un parcours de prévention proposé par son assurance, il serait juste de lui accorder un remboursement plus avantageux pour les autres garanties souscrites", a indiqué Florence Lustman.
Cette proposition vise à inciter les Français à adopter une attitude préventive envers leur santé. Par exemple, alors que les complémentaires santé ne remboursent actuellement qu'à hauteur de 30% des consultations spécialisées, une femme participant à un dépistage du cancer du sein pourrait bénéficier d'une prise en charge plus élevée pour ses consultations gynécologiques. Cette initiative pourrait séduire un grand nombre de Français, particulièrement face aux fréquents dépassements d'honoraires des médecins spécialistes.
Florence Lustman fait référence au succès du programme MT'dents, qui a amélioré la santé bucco-dentaire des jeunes de 3 à 24 ans. Ce programme, cofinancé par l'Assurance maladie et les complémentaires santé, permet une série d'examens préventifs sans avance de frais. Son objectif est d'atteindre une génération sans caries, tout en diminuant les coûts futurs des soins bucco-dentaires.
Refonte du contrat responsable
Florence Lustman considère la prévention comme essentielle pour maîtriser les dépenses de santé. Elle appelle ainsi les autorités publiques à réformer le contrat responsable, qui représente 98% des offres souscrites. Actuellement, ce dispositif est vivement critiqué par les fédérations d'organismes complémentaires d'assurance maladie, qui le jugent trop rigide.
"Le contrat responsable ne répond plus aux besoins de la population. Il complique la vie des retraités contraints de souscrire à des garanties inutiles", a ajouté la présidente de France Assureurs.
Multiple critiques émergent, la Mutualité française qualifiant ce contrat d'outil de report des charges de l'Assurance maladie. Par ailleurs, le déficit de la Sécu, qui s'est élevé à 21,6 milliards d'euros fin 2025, souligne la nécessité d'un changement.
Des modifications ont déjà été apportées, comme la baisse du remboursement des soins dentaires par la Sécu en 2023, ce qui a logiquement augmenté la part supportée par les complémentaires. Ces dernières années, les prix des contrats ont également été revus à la hausse, avec des cotisations ayant grimpé de 30% entre 2022 et 2025.
Le gouvernement Lecornu s'est engagé à revoir les dispositions du contrat responsable dans le cadre du budget de la Sécu pour 2026. Les recommandations de France Assureurs s'inscrivent dans une perspective à long terme, visant l'échéance présidentielle de 2027.
Pour aller plus loin: INFOGRAPHIES. Le déficit de la Sécu a atteint 21,6 milliards d'euros en 2025







