L'Australie et l'Union européenne ont officiellement signé un accord de libre-échange à Canberra le 24 mars, mettant fin à huit années de négociations. Cette étape, saluée par les dirigeants Ursula von der Leyen et Anthony Albanese, vise à renforcer les échanges commerciaux tout en répondant aux préoccupations des agriculteurs européens.
Ce nouvel accord intervient dans un contexte géopolitique complexe, marqué par des incertitudes liées aux conflits au Moyen-Orient. Lors de sa première visite en Australie depuis son entrée en fonction, Ursula von der Leyen a souligné l'importance d'une coopération accrue dans le domaine de la défense et l'accès aux ressources naturales, notamment aux minéraux critiques australiens, selon des sources de Le Monde.
Les deux parties cherchent aussi à diversifier leurs exportations pour atténuer la dépendance vis-à-vis des États-Unis et de la Chine. "Nous sommes éloignés géographiquement, mais unis dans notre vision," a déclaré Mme von der Leyen.
Un compromis crucial
Un des points sensibles de la négociation concernait l'utilisation des appellations géographiques européennes et l'accès du bœuf australien au marché européen. Ce compromis permettra aux viticulteurs australiens d'utiliser le terme « prosecco » sur le marché national, bien qu'ils devront renoncer à l'utiliser pour les exportations dans une décennie.
De plus, certaines appellations comme « feta » et « gruyère » pourront être utilisées par les producteurs australiens à condition qu'ils aient une utilisation antérieure de cinq ans. Pour les voitures de luxe, un relèvement du seuil d'imposition pour les véhicules électriques devrait faciliter leur exportation, selon une analyse de Le Figaro.
Il est estimé que les exportations de l'UE vers l'Australie pourraient croître d'un tiers dans la prochaine décennie, avec des hausses significatives dans les secteurs des produits laitiers et automobiles. Le quota de bœuf australien, quant à lui, sera multiplié par dix au cours des dix prochaines années, bien que cela reste en deçà des attentes des producteurs.
Le quota final de 30 600 tonnes inclura 55 % de viande bovine provenant d'animaux nourris à l'herbe exemptée de droits de douane. La mise en œuvre de ces quotas s'étalera sur plusieurs années, avec des préoccupations persistantes concernant les agriculteurs européens, qui craignent des conséquences négatives sur leur marché.
La question de la guerre au Moyen-Orient, qui pourrait affecter l'approvisionnement énergétique mondial, reste également en tête des préoccupations. Ursula von der Leyen a appelé à une cessation immédiate des hostilités dans la région, mettant en lumière une situation jugée critique pour le monde entier.







