En Corse, un collectif de gérants de stations-service a débuté ce jeudi matin une action de blocage des deux dépôts pétroliers de l'île. Ils s'opposent au plafonnement des prix établi par TotalEnergies, qu'ils estiment menacer la viabilité de leurs entreprises.
Frédéric Sauli, porte-parole de ce collectif, a affirmé que « la survie de leurs entreprises » est en péril à cause des tarifs pratiqués par Total, qui sont fixés à 1,99 euro le litre pour l'essence et 2,09 euros pour le gazole. "Nous sommes environ 60 stations représentant près de 350 salariés, soulignant qu'il existe un écart de 30 centimes au litre entre leurs tarifs et ceux de Total, qui bénéficie d'un soutien national", a-t-il précisé.
« On n’y arrive plus »
Cette crise a été exacerbée par le contexte international, notamment le conflit au Moyen-Orient, qui impacte les prix du pétrole. TotalEnergies a récemment prolongé son plafonnement des prix, renforçant ainsi la distorsion de concurrence ressentie par les entreprises indépendantes. « On n’y arrive plus. Nous demandons uniquement un prix équitable des carburants pour tous les Corses », a ajouté Sauli, insistant sur l'impact négatif d'un système qui favorise un grand groupe au détriment de ceux qui œuvrent localement.
Le réclamations des gérants vont au-delà de la simple demande d'un meilleur prix. Ils souhaitent également que l'État intervenienne en abaissant les taxes ou que TotalEnergies collabore avec d'autres distributeurs locaux. Les autorités ont promis d'examiner les préoccupations et ont évoqué l'annonce de mesures d'aide pour les « gros rouleurs » dans les jours à venir.
Les tensions ne sont pas nouvelles : en novembre dernier, l’Autorité de la concurrence a sanctionné TotalEnergies et d'autres acteurs du secteur pour entente illicite dans la distribution des carburants en Corse, affirmant qu'un accord assurant des conditions d’accès préférentielles avait été mis en place. Total et le groupe Rubis ont prévu de faire appel de cette décision.
Une rencontre est prévue avec le préfet de Corse ce vendredi, ce qui pourrait conduire à des négociations en vue d’alléger la pression sur des entreprises qui se sentent abandonnées. La situation continue de susciter des réactions et le soutien de divers acteurs économiques locaux, notamment des secteurs tels que le transport et la pêche.







