Jonathan Lambert redynamise le roman photo avec son ouvrage original, Qui a volé mes jambes ?, qu’il décrit comme une grosse blague ! L'humoriste, passionné par cet art un peu désuet, déclare : "C'est tellement 'old school', ça évoque une culture populaire tout en offrant un mode narratif unique". Pour lui, les réseaux sociaux d'aujourd'hui représentent une forme de roman photo moderne, où chaque publication exige une sélection réfléchie des images et des légendes.
Dans les années 50-60, le roman photo constituait une alternative pour ceux qui n'avaient pas accès à la télévision. Lambert souligne les liens affectifs unissant les lecteurs à ce format : "Il y a quelque chose de très attachant entre le roman photo et les lecteurs".
Une ingénierie narrative inspirée du cinéma
Créer un roman photo requiert une rigueur comparable à celle d’un tournage cinématographique. "Le processus de création est même très proche de celui d'un film, car il implique un storyboard préparatoire", explique Lambert. Ce storyboard est crucial pour respecter "les contraintes de mises en page et garantir une lecture fluide". Chaque image est soigneusement composée, en tenant compte des dialogues pour que les phylactères suivent un ordre approprié.
Le livre puise son inspiration dans le mouvement surréaliste, notamment des œuvres de Pierre Molinier, pour développer une intrigue policière délirante.
L’histoire suit Vincent Moltenne, un comptable à l'allure peu soignée, qui partage une vie paisible avec ses jambes de mannequin. Ensemble, ils réalisent des séances photos inspirées de Molinier jusqu'au jour où les jambes disparaissent. Qui pourrait les avoir volées ? Vincent, assisté d'un commissaire corse désormais en fauteuil roulant, se lance alors dans une enquête pleine de rebondissements.
Ce personnage, décrit avec humour par Lambert, est à la fois croquignolet et attachant. "Dès que l’on construit un personnage, il faut penser à son apparence. Moltenne, par exemple, se nourrit de pâté en tube et arbore une chemise à manches courtes", dit-il en évoquant son inspiration, puisée chez des figures comme Mr Bean.
Dans Qui a volé mes jambes ?, les lecteurs croiseront des visages familiers : Fred Testot, Valérie Lemercier, et bien d'autres, apportant leur touche à cet univers loufoque et unique.







