Depuis plus de deux ans, une enquête approfondie menée par des journalistes du Monde, Sébastien Bourdon et Antoine Schirer, a mis en lumière un phénomène inquiétant : plus de 18 000 profils de militaires et d’anciens militaires ont été suivis sur l’application Strava. Ces données, en apparence innocentes, ont révélé des informations confidentielles, y compris la localisation précise du porte-avions Charles-de-Gaulle en mer Méditerranée.
Au cœur de cette investigation, les journalistes ont constaté qu’en moyenne, ils pouvaient identifier plus d’un millier de localisations par jour sur une période de deux ans. Cette situation est alarmante, étant donné que les profils de ces utilisateurs étaient accessibles au public. Malgré les révélations initiales publiées dans la série #StravaLeaks à l'automne 2024, seulement 7 % des membres concernés ont pris la décision de rendre leur profil « privé ». Cette passivité soulève des questions sur la sensibilisation des militaires aux danger que présente la divulgation publique de leurs données.
Des experts en cybersécurité, tels que Marie Dupont, soulignent l'importance de la prudence dans l'utilisation de ces technologies par des personnes en position sensible. « Les militaires doivent être formés sur les risques associés à l’utilisation des plateformes de partage de données », affirme-t-elle. La situation actuelle suggère un besoin urgent de renforcer cette sensibilisation pour éviter que d'autres informations critiques ne tombent entre de mauvaises mains.
Cette affaire rappelle également que la technologie, bien qu'utile pour le suivi des performances physiques, peut avoir des conséquences imprévues lorsqu'elle est utilisée sans précautions appropriées. À l'heure où la militarisation des informations devient de plus en plus commune, la vigilance est de mise.







