Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a exprimé mardi son indignation face à ce qu'il qualifie d'« ingérence » étrangère dans la campagne électorale hongroise. Cette réaction fait suite à la divulgation par des médias de conversations téléphoniques, révélant le soutien qu'il accorde à son homologue russe, Sergueï Lavrov, au sein de l'Union européenne.
Szijjarto a décrit ce qu'il appelle un « très grand scandale » sur les réseaux sociaux, dénonçant l'interception de ses communications par des services de renseignement étrangers. Il a ajouté que ces fuites avaient été orchestrées « dans l'intérêt de l'Ukraine », publiées moins de deux semaines avant les élections législatives.
Un consortium de médias de l'Est, incluant The Insider, VSquare et Delfi, a rapporté que Szijjarto, proche du Premier ministre nationaliste Viktor Orban, aurait partagé des « informations stratégiques » avec Moscou. Cela soulève des questions critiques sur la loyauté et les alliances de la Hongrie au sein de l'UE.
« L’amitié entre Szijjarto et Lavrov, longtemps soupçonnée, est désormais mise en lumière par des échanges téléphoniques compromettants », a signalé le consortium, citant un ancien ministre européen qui évoque une « taupe enthousiaste » dans l’UE.
Dans ces conversations, Szijjarto aurait déclaré à Lavrov : « Je suis à votre service », promettant de soutenir des initiatives pour lever certaines sanctions européennes, notamment celles visant à retirer de la liste noire la sœur d'Alicher Ousmanov, un oligarque proche de Vladimir Poutine.
D'autre part, il aurait sollicité l'aide de ses homologues russes pour démontrer à Bruxelles les conséquences des sanctions sur la Hongrie. « Si vous m’aidiez à identifier les effets directs sur notre pays, cela ouvrirait de nouvelles possibilités », aurait-il déclaré.
Cette attention portée à Szijjarto n'est pas nouvelle. Le Washington Post avait déjà rapporté précédemment que le ministre avait des échanges réguliers avec Lavrov lors des pauses dans les réunions de l'UE. Cela a engendré l'exclusion de la Hongrie des discussions sensibles au sein des institutions européennes, selon des sources de Politico.
Ces révélations interviennent alors que Viktor Orban cherche à obtenir un cinquième mandat lors des élections du 12 avril, tout en utilisant son veto pour bloquer l'aide de l'UE à l'Ukraine.
La Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, a récemment exprimé la nécessité de maintenir la confidentialité dans les discussions, lors d’un entretien avec Szijjarto, a noté Anitta Hipper, porte-parole de la Commission européenne, lors d'une conférence de presse mardi.







