La guerre en Iran, récemment exacerbée, a généré une hausse fulgurante des prix des engrais, et les agriculteurs demandent des réponses immédiates à la Commission européenne. Une réunion de haut niveau prévue pour le 13 avril s’efforcera d’analyser cette situation critique.
Avec environ 30 % des engrais mondiaux transitant par le détroit d'Ormuz, le blocage de cette voie maritime a provoqué une augmentation significative des prix, ceux des engrais azotés atteignant près de 500 euros la tonne. Amaury Poncelet, céréalier belge, témoigne : "L'été dernier, j'achetais à 330 euros la tonne ; depuis la guerre en Iran, ça ne cesse d’augmenter." Ces hausses de prix font suite à un contexte difficile dû au conflit ukrainien et à l’interdiction des engrais russes.
Le think tank Farm Europe souligne que les agriculteurs souffrent de cette accumulation de crises, n’ayant "plus gagné leur vie depuis trois ans". En France, les surfaces cultivées en céréales ont diminué d'environ 300 000 hectares depuis 2022. La pression sur Bruxelles s'intensifie alors que la France réclame la suspension de la taxe carbone pour alléger le fardeau des producteurs.
Réactions des instances européennes
La Commission européenne a annoncé un plan d’action pour mai, promettant d’évaluer la situation des prix et des engrais. Malgré les revendications croissantes des organisations agricoles, le gouvernement européen reste réticent à modifier la politique fiscale, considérant que cela pourrait désavantager les producteurs locaux.
Luc Vernet, expert en agriculture, rappelle que des alternatives décarbonées doivent être développées. Cependant, les coûts élevés et l'abandon de projets innovants, tels que la "Green Ammonia Linz" en Autriche, compliquent cette transition. Des techniques comme l'utilisation du biométhane sont en phase d'expérimentation mais requièrent du temps pour être mises en œuvre à grande échelle.
Face à l’envolée des coûts, Bruxelles espère éviter une nouvelle mobilisation agricole, ayant déjà été témoin de manifestations significatives à l'automne dernier. La stabilité de l'approvisionnement en engrais sera essentielle pour le secteur agricole européen.







