Cette "dissolution low cost" est au cœur d'un débat houleux devant le Conseil d'État. En effet, l'avocat Paul Mathonnet a introduit un recours contre le décret daté du 12 juin 2025, qui visait à interdire les activités du mouvement, en raison d'accusations de violence associées à certaines de ses branches locales.
Bien que le décret ait été émis avant le décès de Quentin Deranque, l'implication de ce dernier dans l'affaire pourrait influencer les délibérations du Conseil d'État. Son meurtre, survenu le 12 février dernier à Lyon, a suscité de vives inquiétudes sur l'activisme des mouvements antifascistes et leurs dérives potentielles.
Une dissolution contestée sur des bases fragiles
Lors de l'audience, le rapporteur a soutenu que la dissolution de la Jeune Garde devait être confirmée pour préserver l'ordre public. Il a souligné que les événements tragiques, dont le décès de Quentin, justifient les mesures strictes contre des groupes jugés à risque. "Il y a une légitime inquiétude face à un groupe qui, selon lui, prône une idéologie dont le but ultime est l'élimination de toute opposition", a-t-il déclaré.
Cependant, Paul Mathonnet a appelé à la prudence, en affirmant que les circonstances entourant la mort de Quentin devraient être minutieusement examinées avant de faire des liens hâtifs avec les activités de la Jeune Garde. "Il est crucial de ne pas stigmatiser un mouvement sur la base d'événements isolés qui ne reflètent pas ses principes fondamentaux", a-t-il insisté.
Des éléments contextuels à prendre en compte
Le rapporteur a aussi noté la nécessité d'examiner également les faits récents dans le cadre de cette procédure, arguant qu'ils apportent une lumière nouvelle sur le passé. Toutefois, Mathonnet a rétorqué que la dissolution semblait fondée non pas sur des preuves solides, mais sur des suppositions émanant des réseaux sociaux.
A la sortie de l’audience, l’avocat a exprimé ses préoccupations : "Une dissolution fondée simplement sur des publications des réseaux sociaux, sans éléments tangibles du renseignement, pose question. Nous avons besoin de preuves concrètes avant de prendre des mesures aussi radicales".
Cette situation met en lumière un enjeu recherchant un équilibre entre la sécurité publique et la protection des libertés d'expression. L'analyse des témoignages et des faits jugés "postérieurs mais éclairants" pourrait dicter la suite des événements, tout en rappelant les valeurs fondamentales de la République, qui se doit de protéger tous ses citoyens.







