Le dernier week-end a de nouveau révélé la cacophonie des stratégies à gauche. Marine Tondelier, figure écologiste, a exprimé sa frustration face à ce qu'elle qualifie de "sabotage" orchestré par ses opposants à la primaire, pointant du doigt des personnalités comme Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. De son côté, le député François Ruffin a lancé sa propre campagne pour l'Élysée, se posant en "défenseur des travailleurs essentiels". François Hollande, quant à lui, a mis en avant l’importance du vote utile pour contrer l’extrême droite, plaidant pour une candidature capable de rassembler dès le premier tour. Qui aura ce poids?
À un an des élections présidentielles, le tableau semble familier : petites phrases et manœuvres tactiques. Néanmoins, un développement crucial mérite notre attention : le Parti Socialiste, en perte de vitesse sur le plan idéologique, a récemment dévoilé un projet ambitieux de 600 mesures, comme le détaille Sud Ouest. Au menu : smic à 1 690 euros net, introduction de la taxe Zucman, réduction du nombre d’élèves par classe à 19 et un départ à la retraite fixé à 62 ans.
Quelles que soient les réserves quant à la viabilité budgétaire de ces propositions et leurs fondements parfois flous, elles marquent un tournant : enfin des idées concrètes. Ces propositions portent des concepts significatifs, s'efforçant d'ancrer le PS dans un cadre idéologique clair. Le parti s’associe à l’idée de "liberté", traditionnellement empruntée par la droite, tout en se démarquant d'une social-démocratie jugée dépassée. Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée, plaide même pour une "démarchandisation" de la société, un terme évocateur de la nécessité d’un nouvel engagement social.
Le PS, tout comme LR, a trop négligé le long terme et les réflexions approfondies, au contraire des Insoumis et du RN qui ont su s'appuyer sur des valeurs solides.
Ce travail intellectuel n'est pas secondaire, il est fondamental. Le PS et les Républicains, en absorption dans la communication à court terme, en ont trop oublié, à l’inverse des Insoumis et du RN, qui sont ancrés dans des doctrines mûries. Ces derniers ont définitivement intégré les enseignements d’Antonio Gramsci, théoricien de l’hégémonie culturelle et persuasif sur l’importance de la bataille des idées.
Ironiquement, les pensées de Gramsci, homme de gauche, ont été davantage adoptées par l’extrême droite ces dix dernières années. Son postulat que le pouvoir provient d'une influence idéologique résonne aujourd'hui plus que jamais. Les partis de gouvernement ont tout à gagner à s’en rappeler et à réinvestir le champ de l’idée.







