Nicolas Battini, président de Mossa Palatina, a récemment suggéré que le Rassemblement national (RN) ne fera pas opposition au projet d'autonomie de la Corse, qui sera examiné par les députés en juin prochain. Ses commentaires, exprimés lors de l'émission PuliticaMente sur ICI RCFM, suggèrent un changement de cap significatif de la part de Marine Le Pen, qui a longtemps été opposée à ce sujet.
Battini a révélé qu'il avait été en discussion avec Le Pen, qui semble désormais ouverte à un dialogue constructif. "Nous nous positionnons comme des nationalistes corses favorables à l'autonomie, et le fait qu'elle nous considère comme partenaires montre une évolution positive de son point de vue sur nos revendications", a-t-il déclaré.
Un discours d'alliance plutôt qu'une opposition
Ce revirement pourrait signaler une volonté pour le RN d'adopter une approche plus conciliatrice envers les revendications régionales. "Elle m'a dit, 'tu sais Nicolas, avec vous, ce n'est pas la même chose que d'autres nationalistes', ce qui témoigne de son ouverture à un dialogue sain", a précisé Battini.
En ce qui concerne les événements tragiques entourant la mort d'Yvan Colonna, l'ancien prisonnier nationaliste a souligné des opinions divergentes au sein du mouvement. Contrairement à certains anciens collaborateurs, Battini a décliné toute implication de l'État dans cet incident, se basant sur un désaccord qui l'a conduit à rompre avec Femu a Corsica, un mouvement politique local.
Des tensions autour du discours sur l'islamisme
Lors d'une réunion post-événementielle, Battini a témoigné d'une atmosphère tendue et a critiqué le récit selon lequel l'État aurait joué un rôle dans l'assassinat. "On m'a dit : 'il ne faut pas parler de l'islamisme', et j'ai répondu que c'était inacceptable. Je vois un islamiste, et il est essentiel de ne pas éluder cette question", a-t-il affirmé, rappelant sa propre expérience dans les prisons françaises.
Il a terminé en s'interrogeant : "Si c'est l'État, pourquoi ont-ils été voir Darmanin pendant trois ans, tous les deux jours ?" Cette citation souligne une rupture définitive entre Battini et ceux qui continuent de s'opposer à l'État sur cette question. Une transition dans le discours du RN sur la Corse pourrait ainsi être en marche, mais elle reste à surveiller de près.







