"C'est un sujet sérieux; la question n'est pas de s'écharper sur une affaire de poulet", a déclaré Karim Bouamrane ce lundi 4 mai sur BFMTV. Reconnaissant que "80%" de la population le soutient dans son conflit avec Master Poulet, le maire de Saint-Ouen a exprimé ses inquiétudes face aux nuisances olfactives causées par l'établissement.
"Je vous invite à aller interviewer les personnes qui habitent au-dessus du restaurant", a-t-il souligné avec insistance. "C'est catastrophique, et le rôle d'un maire est aussi d'assurer le bien-vivre ensemble".
Depuis l'inauguration du Master Poulet le 11 avril dernier, un bras de fer a éclaté entre la franchise et la municipalité. Peu après son ouverture, Bouamrane a fait fermer le restaurant pendant trois jours, avant d'ériger des blocs de béton bloquant l'accès au fast-food.
Le maire soutient que le restaurant a ouvert sans autorisation, et l'affaire a jusqu'à présent nécessité l'intervention des tribunaux. Bien que le tribunal administratif ait donné raison à Master Poulet, cela n'a pas freiné l'édile, qui a ajouté d'imposants pots de fleurs à proximité du fast-food.
Lutter contre "l'homogénéisation des commerces"
Bouamrane souligne l'importance d'assurer la diversité commerciale : "En tant que maire, je dois garantir le respect du droit commun et la qualité de vie de mes concitoyens. J'ai été élu pour diversifier notre offre commerciale." Il affirme que ses administrés en ont assez de l'homogénéisation des commerces et qu'il n'a rien contre ceux qui souhaitent consommer du poulet, mais estime qu'il y a déjà suffisamment d'options halal à Saint-Ouen.
Il dénonce également l'idée que manger du poulet soit intrinsèquement lié à l'identité populaire, en surestimant la notion d'accessibilité alimentaire. "On est censés rester confinés dans notre classe sociale", a-t-il regretté, mettant en lumière les enjeux socio-économiques qui entourent ce débat.
En conclusion, le maire de Saint-Ouen apparaît déterminé à défendre les intérêts de ses administrés face aux grandes enseignes, plaidant pour une plus grande diversité de commerces et une meilleure qualité de vie. Comme l'indique la *Vie de Saint-Ouen*, cette situation soulève des problématiques complexes autour de la gérance municipale et de la coexistence commerciale dans les zones urbaines.







