En visite à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), Bruno Retailleau a présenté le 28 mai les contours de son projet ambitieux visant à adresser la crise du logement en France, à l'approche de l'élection présidentielle de 2027. Qualifiant la situation de « catastrophique », il annonce un changement radical par rapport à des politiques passées, avec l'objectif ambitieux d'ériger un million de logements supplémentaires en seulement cinq ans.
« Se loger dignement, sans sacrifier son pouvoir d’achat. » C'est sur cette promesse que Retailleau a bâti son programme volumineux, présenté comme une réponse globale à la crise actuelle du logement. Lors de ce discours médiatique entouré d'élus locaux, il a dénoncé ce qu’il appelle un « échec politique majeur », pointant du doigt Emmanuel Macron et ses gouvernements précédents pour avoir exacerbé la pénurie de logements.
Au cœur de ses préoccupations, les mises en chantier qui ont chuté de 420 000 en 2017 à seulement 270 000 en 2024. Selon Retailleau, cela ne relève pas du hasard : « L’État a choisi d’encadrer l’offre au lieu de la libérer. »« Dans un pays capable de bâtir des cathédrales, nous ne parvenons plus à loger nos concitoyens. »
Une « loi d’urgence Notre-Dame » pour relancer la construction
Pour relancer la production de logements, l'élu propose de mettre en place dès le début de son mandat une « loi d’urgence Notre-Dame », s'inspirant des procédures exceptionnelles mises en œuvre après l’incendie de la cathédrale. L’objectif est clair : simplifier les démarches administratives et accélérer les projets immobiliers. Pour Retailleau, il est crucial de restituer un rythme de construction de 450 000 logements par an, afin de remédier à un déficit évalué à un million d’unités.
Parmi ses mesures phares figurent la reconversion simplifiée de bureaux vides en logements, ainsi que la création d'un nouveau statut fiscal pour inciter les bailleurs à remettre des biens sur le marché locatif.
« Construire un million de logements en cinq ans nécessite un choc, pas de simples ajustements, » insiste-t-il.
Il propose également d’abroger le dispositif de « zéro artificialisation nette » (ZAN), introduit par la loi Climat et Résilience de 2021, estimant que cette mesure grève l’offre foncière, surtout dans les zones rurales et périurbaines.
Fin de l’encadrement des loyers et assouplissement du DPE
Retailleau suggère de supprimer l'encadrement des loyers instauré dans plusieurs grandes villes, restituant ainsi aux propriétaires et locataires la liberté de fixer le montant du loyer lors de la signature du contrat. « Ces règles simples et stables restaureront la confiance et mettront davantage de logements sur le marché, » affirme-t-il.
Dans cette démarche, il veut également assouplir les interdictions de location liées au diagnostic de performance énergétique tout en maintenant ce dispositif comme un outil d’information pour les futurs locataires.
Encourager la propriété et la transmission familiale
Pour faciliter l'accès à la propriété, il envisage de rendre déductibles les intérêts d'emprunt de l'impôt sur le revenu à hauteur de 50% pour les familles d'un enfant, 75% pour celles de deux enfants, et 100% pour trois enfants et plus. De plus, il prévoit d’augmenter les sommes exonérées de droits de donation familiale jusqu’à 150 000 euros pour les jeunes de moins de 30 ans.
« Tolérance zéro » contre les squats
Sur le plan sécuritaire, Retailleau prône une politique de « tolérance zéro » contre les occupations illégales, offrant une expulsion administrative sous dix jours. Il souhaite également supprimer les pénalités financières pour les communes qui ne respectent pas les quotas de logements sociaux, les jugeant « absurdes et coûteuses. »
Redéfinir le logement social
Enfin, il propose de revoir l'accès au logement social, le réservant prioritairement aux familles et individus en activité professionnelle. Un tel projet représente une nette rupture avec la politique menée au cours des dernières années, où il accuse Macron d'avoir découragé la construction et complexifié les normes. « S’il y a bien un secteur en échec, c’est celui du logement, » déclare-t-il, préparant le terrain pour une offensive cruciale un an avant la présidentielle.







