Caroline Guiela Nguyen, directrice du Théâtre national de Strasbourg (TNS), a exprimé lors d'une conférence de presse le 2 juin ses craintes quant à l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir en 2027. Elle dénonce les "attaques" qui menacent la mission même des institutions culturelles.
Mi-chemin entre passion et inquiétude, Caroline Guiela Nguyen a déclaré : "Je redoute le pire" si le Front national venait à prendre les rênes du pays. À moins d'un an des élections présidentielles de 2027, elle a affirmé : "Cela serait une catastrophe" pour la culture en France. Les menaces sur les financements et le caractère public des théâtres la préoccupent particulièrement.
Un public de plus en plus large au TNS
Dans sa défense du théâtre public, elle a réfuté les stéréotypes selon lesquels les spectacles ne seraient accessibles qu'à une élite. Grâce à des initiatives stratégiques, le TNS a réussi à étendre son public. "Plus de 60% de fréquentation au cours des trois dernières années et un tiers de notre audience a moins de 28 ans", a-t-elle souligné, ajoutant qu'une multitude de spectateurs précaires bénéficiaient maintenant de tarifs sociaux adaptés.
Le TNS a également introduit un service de surtitrage pour le public non francophone, un geste apprécié qui attire des spectateurs souvent ignorés. Pour la saison à venir, le théâtre proposera des surtitres en sept langues, incluant l'arabe et l'ukrainien, un pas vers davantage d'inclusion culturelle. La pièce Valentina, de Caroline Guiela Nguyen partira en tournée dotée de surtitrages en roumain et ukrainien.
Pour la saison 2026-2027, le TNS proposera vingt-deux spectacles, dont quatre créations originales. Le spectacle d'ouverture sera Paradis plage (une vie comme dans du miel) de Kenza Berrada, illustrant la diversité artistique soutenue par le théâtre. Comme le souligne Le Monde, cette initiative démontre l'engagement du TNS à représenter une société plurielle et à résister aux menaces politiques.







