L'emprisonnement du journaliste Christophe Gleizes en Algérie a désormais éveillé les consciences au sein du monde du football. Bien que des clubs, des fédérations, et de nombreux supporters aient exprimé leur soutien, les grandes stars semblent encore prêtes à ignorer cette situation troublante. Faisons le point sur les messages de solidarité et les silences qui entourent cette affaire.
Depuis un an, Christophe Gleizes, reconnu comme un expert du football africain et collaborateur pour des médias tels que So Foot et Society, croupit en prison en Algérie. Arrêté en mai 2024 en Kabylie alors qu'il couvrait un reportage sur le club JS Kabylie (JSK), il a été condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme". Son cas est devenu emblématique des tensions diplomatiques présentes entre la France et l'Algérie.
Jusqu'à récemment, le soutien le plus vibrant venait principalement du monde des médias et des organisations de défense des droits des journalistes, comme Reporters sans frontières. Au sein du milieu footballistique, les réactions ont été limitées. Les proches de Gleizes avaient exprimé leur inquiétude sur l’absence de voix dans ce domaine. Cependant, un tournant semble se dessiner.
En novembre 2025, l’OGC Nice a été l’un des premiers clubs à afficher son soutien. D'autres clubs comme Lille, Saint-Étienne ou Metz ont également rejoint ce mouvement lors de la Journée mondiale de la liberté de la presse, relayant un appel à l'action sur les réseaux sociaux, accompagné d’un lien vers une pétition initiée par Reporters sans frontières.
"Un cri de désespoir, un cri d'appel"
Lors d'une allocation sur France Inter, Maxime Gleizes, le frère de Christophe, a lancé un cri d'alerte : "Si la diplomatie échoue, il nous faut un contre-pouvoir, et le foot peut jouer ce rôle..." Ses mots ont résonné chez certains acteurs majeurs du sport, tels que Raï et Vikash Dhorasoo, qui ont affiché leur solidarité. Des initiatives comme l'affichage d'une photo de Gleizes sur la façade de la FFF et des messages dans les stades ont également eu lieu.
Pourtant, un constat s'impose : aucune figure emblématique du football français n'a pris publiquement position sur cette affaire. Le contexte politique particulièrement sensible de la relation franco-algérienne exerce une pression sur les joueurs pour éviter toute déclaration qui pourrait être interprétée comme une ingérence. Cela soulève des questions sur le courage moral des figures publiques dans ce domaine. Les proches de Gleizes ne demandent pas à ces acteurs de s’immiscer dans les affaires politiques de l’Algérie, mais simplement de défendre un homme qui, par son travail, a voulu rapporter la vérité.
Alors que la situation évolue, le monde du football sera-t-il en mesure de transcender ses appréhensions pour porter une voix forte en faveur de la liberté de la presse ? Seule l'avenir le dira.







