Ce lundi 8 juin 2025, Gaël Perdriau, ancien maire de Saint-Étienne, se retrouve devant la cour d'appel de Lyon. Condamné à cinq ans de prison, dont quatre fermes, lors de son premier procès, il est jugé pour des accusations graves, dont le chantage et le détournement de fonds publics.
Perdriau, qui continue de crier son innocence, affronte cette nouvelle audience six mois après avoir été déclaré « entièrement coupable ». Rappelons qu'il a déjà purgé deux mois de détention cet hiver suite à sa condamnation de décembre 2025.
Des traquenards orchestrés via des fonds fictifs
Le système de chantage a été mis en œuvre par son ancien directeur de cabinet, Pierre Gauttieri, condamné à deux ans de prison, et deux co-prévenus : l’ex-adjoint à l’Éducation, Samy Kéfi-Jérôme, et Gilles Rossary-Lenglet, tous deux condamnés à trois ans de prison. Leur méthode ? Piéger l'ancien premier adjoint, Gilles Artigues, en le filmant avec un jeune homme dans une chambre d’hôtel parisienne en 2015.
Cette vidéo a été utilisée pour le contraindre au silence au sein du conseil municipal, alors qu'il envisageait de distancer ses liens avec Perdriau, suite à une alliance politique initiale
Des révélations publiées par Mediapart indiquent que Perdriau aurait été le commanditaire de cette opération sordide, au travers de subventions versées à de fausses associations stéphanoises.
Une défense controversée
La défense de Perdriau peine à convaincre, surtout après des enregistrements audio réalisés à son insu par Artigues, où il évoque une possible vidéo compromettante. À 53 ans, Perdriau se voit comme une victime d'erreur judiciaire, selon son avocat, Jean-Félix Luciani, qui avance : « Nous redirons qu'il est innocent de tout ».
Il admet avoir eu vent de la vidéo dès 2015, mais assure ne jamais l'avoir regardée, considérant qu'il s'agissait simplement de « jeux entre adultes consentants ».
Des experts avertissent que des actes de corruption au sein des collectivités doivent être jugés sévèrement. « La dignité des élus est primordiale et ce type d’affaire ternit l’image de la politique », a déclaré un analyste politique à L'Humanité.







