La mobilisation des agriculteurs reprend, mais la possibilité d’un défilé de tracteurs vers Paris semble compromise. Plusieurs préfets ont émis des arrêtés interdisant le mouvement des tracteurs dans plusieurs régions de France, et ce, jusqu'à jeudi, à la suite des préoccupations soulevées par la Coordination rurale. Cette dernière a été reçue par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui cherche à apaiser la colère des agriculteurs.
Les difficultés rencontrées par le secteur agricole sont multiples : épidémies telles que la dermatose nodulaire contagieuse affecting le cheptel bovin, la chute des prix du blé, la montée des coûts des engrais, ainsi que la menace d'une concurrence accrue sur le marché européen. Les syndicalistes sont inquiets et certains comme le président des Jeunes agriculteurs ont promis de rester mobilisés, notamment face au projet d'accord commercial entre l'Union Européenne et le Mercosur, qui pourrait nuire aux producteurs locaux.
La série de rencontres entre les syndicats agricoles et le gouvernement a débuté ce lundi. Après que la Coordination rurale ait été reçue, d'autres discussions sont prévues avec la FNSEA et la Confédération paysanne. Un sentiment d'inquiétude règne parmi les agriculteurs, exacerbée par des blocages sur des axes comme l'autoroute A75 en Lozère et la A7 près de Lyon, signifiant une intensification de la mobilisation, malgré les restrictions.
Face aux promesses du gouvernement, qui a assuré des mesures concrètes tout au long de janvier, les syndicats demeurent sceptiques. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé l'augmentation du fonds hydraulique agricole et l'interdiction d'importation de produits sud-américains présentant des résidus de pesticides interdits. Toutefois, la Coordination rurale et la FNSEA estiment que ces réponses sont loin d'être suffisantes.
À Calais, des agriculteurs ont bloqué l'accès au port pour inspecter les marchandises, soulignant l’iniquité des normes de production entre l’Europe et d’autres pays. Leurs revendications incluent une vaccination généralisée contre la dermatose contagieuse et des ajustements réglementaires. Comme l'a souligné Laurence Chanove de la Coordination rurale, tant que le gouvernement ne réagit pas de manière satisfaisante, les agriculteurs n’envisagent pas de diminuer la pression.
Alors que le gouvernement semble vouloir instaurer un dialogue, le sentiment général parmi les agriculteurs reste que le soutien est insuffisant pour faire face à une situation de plus en plus précaire. Les propositions doivent être suivies d’actions concrètes, sinon la mobilisation devrait s'intensifier, comme l'indiquent plusieurs sources médiatiques.







