Ce mardi 6 janvier 2026, le tribunal de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) a ouvert une audience attendue pour examiner la plainte déposée contre deux agriculteurs accusés d’avoir diffamé Patrice Gautier, maire d’Évran. Selon les accusations, ces hommes auraient formulé des allégations dans un courriel, critiquant l’ingérence du maire dans une question d’attribution de terres agricoles.
Le courriel en question, qui a été diffusé non seulement au maire mais également à la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), est considéré comme ayant eu une portée publique. Cela signifie que les répercussions de leurs mots pourraient s'étendre bien au-delà de la simple communication privée, indiquant un certain degré de malveillance ou de préjudice à la réputation du responsable local.
Le maire Patrice Gautier, qui occupe également le poste de vice-président en charge de l’agriculture et de la mer à l’agglomération de Dinan, a exprimé sa préoccupation quant à l’impact de tels courriels sur la confiance entre élus et agriculteurs. Dans une déclaration à Ouest-France, il a souligné l’importance de maintenir un dialogue constructif pour favoriser un environnement agricole sain.
Des experts en droit de la communication, comme le professeur de droit Jean-Pierre Martin, estiment que ce procès pourrait faire jurisprudence sur la question des critiques publiques des élus. Selon lui, "la frontière entre critique légitime et diffamation est souvent floue, surtout dans le contexte de l’agriculture où les décisions politiques peuvent avoir un impact direct sur les vies et les financements des agriculteurs".
Le jugement est prévu pour le 27 janvier, laissant planer l’incertitude sur l’issue de l’affaire. Les agriculteurs concernés, âgés de 39 et 58 ans, espèrent que le tribunal comprendra le contexte dans lequel leurs commentaires ont été formulés, arguant qu’ils cherchaient à protéger leurs droits en tant que producteurs locaux.
Cette affaire met en lumière des enjeux cruciaux pour l’agriculture locale en France, où la question de l’accès à la terre et la gestion des ressources sont de plus en plus débattues. Les agriculteurs s’inquiètent des pressions croissantes qu’exercent les décideurs politiques sur leurs activités quotidiennes, un jalon qui pourrait redéfinir les relations entre administrations et professionnels agricoles.







