En ce début d'année, la Commission européenne intensifie ses efforts pour relancer l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur, mais la colère des agriculteurs pourrait bien mettre en péril ce projet. Le 7 janvier, des discussions ont eu lieu à Bruxelles pour apaiser les craintes agricoles, alors que le soutien de l'Italie pourrait s'avérer décisif. Les dirigeants européens espèrent finaliser cet accord dans les jours à venir, avec une possible signature au Paraguay dès lundi.
Face à la pression grandissante des agriculteurs, particulièrement en France, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a salué de nouvelles mesures agricoles promises par l'UE. "Nous avons toujours soutenu cet accord, tout en veillant à respecter les préoccupations légitimes du secteur agricole", a-t-il déclaré, soulignant les bénéfices potentiels pour l'économie européenne.
Pour accompagner la signature de l'accord, l'UE a proposé des concessions concernant certains tarifs douaniers. Ainsi, le mécanisme européen de taxe carbone sur les engrais pourrait être suspendu avec effet rétroactif, un geste qui a réjoui la ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard.
Cependant, cette initiative n'est pas sans risques. De nombreux agriculteurs, soutenus par la FNSEA, craignent une concurrence accrue des produits américains, notamment dans les domaines de la viande et du sucre. À Paris, un arrêté visant à interdire l'importation de plusieurs produits agricoles sud-américains traité avec des substances non autorisées reflète les tensions grandissantes autour de l'accord.
Bruxelles s’est également engagée à surveiller l'impact de l'accord sur le marché agricole, en promettant des mesures de sauvegarde si nécessaire, faisant référence à la possibilité de rétablir des droits de douane en cas de déstabilisation du marché. La montée des mobilisations en France fait craindre une exacerbation des conflits si les agriculteurs estiment que leurs intérêts ne sont pas suffisamment protégés.
Les voix s'élèvent également pour remettre en question le soutien de l'État français à cet accord, le député Bruno Retailleau avertissant que le président Emmanuel Macron pourrait être mis sous pression s'il maintient son soutien au traité dans sa forme actuelle.
Franceinfo souligne que certaines mesures, telles que l'interdiction de résidus de pesticides dans les importations, sont également à l’étude. Ces précautions pourraient contribuer à apaiser les préoccupations des agriculteurs, mais la question demeure : l'UE réussira-t-elle à concilier intérêt économique et protection des producteurs locaux ?







