Dans les pages de l’histoire d’Aurignac se dessine le schéma d’une famille ayant profondément influencé la scène politique et sociale du XIXe siècle : les Amiel-Dabeaux.
Une ascension fulgurante
Au centre de cette saga familiale, Joseph Jean Louis Simon Amiel-Dabeaux se distingue comme une figure marquante. Né le 9 février 1829 à Aurignac, il est le fils de Jean Louis Simon Mathieu Amiel, un médecin respecté, et de Sylvie Gabrielle Dominiquette Anne Dabeaux. Son parcours professionnel illustre l’ascension spectaculaire de cette famille dans la société.
Diplômé en droit, Joseph Amiel-Dabeaux progresse rapidement dans l’administration publique. D’abord employé au ministère, il devient le secrétaire particulier de son oncle, préfet de l’Aude, avant de tenir des postes de sous-préfet à Bagnères-de-Bigorre et Thiers. Son sommet de carrière arrive en 1873, lorsqu'il est nommé préfet de la Drôme, où il restera jusqu’en 1876. En reconnaissance de ses services, il est décoré Chevalier de la Légion d’honneur en 1867.
Un réseau familial puissant
L'influence des Amiel-Dabeaux dépasse largement la seule personnalité de Joseph. Son oncle, François Dabeaux de Rieutort, fut un homme politique influent, député de la Haute-Garonne puis de l’Aude. Il a soutenu le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte et a été préfet de l’Aude, participant activement au soutien du Second Empire. De plus, il a occupé le poste de maire à Aurignac de 1833 à 1854, et c’est Lucien Amiel qui lui succédera au conseil général.
Tout au long du XIXe siècle, cette famille a fourni à Aurignac et sa région de nombreux notables, du médecin au notaire, en passant par des maires et des avocats, les Amiel et les Dabeaux occupant des postes clés dans l’administration locale et nationale.
Une anecdote historique
Parmi les membres notables de la famille, Jean Louis Simon Mathieu Amiel, père de Joseph et maire d’Aurignac de 1854 à 1866, a fait une rencontre mémorable avec l’histoire préhistorique locale. Lors de la redécouverte d’ossements humains dans l'abri préhistorique d'Aurignac, il ordonna l’ensevelissement de dix-sept squelettes, négligeant ainsi une découverte archéologique majeure, selon des sources d'archéologie locales.
Un héritage durable
Les Amiel-Dabeaux ont su maintenir leur influence à travers les bouleversements politiques. Ernest Amiel-Dabeaux, par exemple, a été sous-préfet durant le Second Empire puis sous la Troisième République, illustrant la capacité d’adaptation de cette lignée. Le changement de nom, ajoutant "Dabeaux" à "Amiel" en 1861, témoigne de l'importance des alliances matrimoniales dans leur ascension au pouvoir.
Ainsi, l’histoire des Amiel-Dabeaux est emblématique des dynamiques d'ascension sociale et politique du XIXe siècle en France, où les relations familiales et les compétences individuelles se sont entremêlées pour forger des dynasties influentes. Selon l'historien local Jean-Pierre Martin, cette dynamique familiale a été essentielle pour comprendre la structure sociale de l'époque.







