Avec l'implémentation de l'accord Mercosur, la question de la provenance de notre viande devient centrale. Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution, alerte sur les conséquences possibles pour les consommateurs européens. Alors que des viandes d'Amérique du Sud telle que la viande bovine et la volaille pourraient faire leur entrée sur le marché, les impacts sur la qualité et la transparence sont encore flous.
Selon Dauvers, il est probable que l'impact soit peu visible pour le consommateur moyen. Par exemple, même si 100 000 tonnes de poulet peuvent sembler beaucoup, cela reste marginal par rapport à la consommation totale en Europe. La majorité des produits importés seront des matières premières, comme le poulet destiné à faire des nuggets, et non des plats préparés.
Les consommateurs pourraient alors se retrouver dans l'incertitude concernant l'origine de la viande qu'ils achètent. Dans de nombreux cas, les étiquettes ne spécifient pas si la viande provient de l'Union Européenne ou de pays comme le Brésil ou l'Argentine. Cette absence de transparence crée un risque pour la conscientisation des choix alimentaires, préconise Dauvers.
Pour pallier ce manque, plusieurs experts, dont ceux du site Euractiv, plaident pour un affichage obligatoire de l'origine des produits. Le manque d'information ne permet pas aux consommateurs de faire des choix éclairés et responsable. Bien que certains logos, comme Origine Info, soient en place, leur caractère volontaire limite l'adoption par les industriels.
Il est essentiel de comprendre que la responsabilité de l'information commence chez le fabricant. Un distributeur ne peut pas afficher des données qu'il ne reçoit pas de ses fournisseurs. En revanche, une baisse des prix pour certains produits n'est pas exclue, compte tenu du coût moins élevé des viandes sud-américaines.
Les contrôles sanitaires demeurent également une préoccupation majeure. Selon des experts de la santé publique, des exigences strictes d'autocontrôle sont nécessaires pour garantir que les produits importés respectent les normes européennes. Les consommateurs ont besoin de garanties solides, tant sur la qualité que sur l'origine de leurs aliments.
En fin de compte, le véritable défi réside dans la transparence. Les consommateurs doivent être informés des pratiques de production et de l'origine des produits. Le choix éclairé devrait être le principe fondamental de notre consommation alimentaire. En privilégiant les produits portant la mention "viande française", les consommateurs s'assurent d'un minimum de sécurité.







