Le dimanche 18 janvier, une mobilisation inattendue a réuni au moins 800 personnes à Port-Médoc, dans le Médoc, contre le projet de ferme aquacole de saumons porté par l'entreprise Pure Salmon France. Alors que l'enquête publique sur ce projet crucial se terminait le jour suivant, les manifestants souhaitaient se faire entendre et insister sur leurs craintes concernant les conséquences environnementales et socio-économiques de cette implantation.
Esther Dufaure, l'une des organisatrices, a exprimé sa satisfaction quant à la forte mobilisation, tout en reconnaissant les défis rencontrés pour informer la population. L'enquête publique, selon les opposants, a suscité un effondrement du site, témoignant ainsi de l'intense intérêt pour la question, avec 18 000 prises de position enregistrées. Ces chiffres reflètent une désapprobation massive de la part des citoyens face à ce projet, qui, pourtant, a reçu le soutien de certains élus locaux.
Le clivage politique est palpable, notamment à quelques semaines des élections municipales. Simon Latapie, conseiller municipal de Grayan-et-Hôpital, a annoncé des initiatives pour former une liste participative et citoyenne pour continuer le combat contre la majorité en faveur de cette ferme. Il révèle également que des actions similaires voient le jour dans d'autres communes comme Vendays-Montalivet et Soulac.
Les préoccupations écologiques sont en tête des revendications des manifestants. Non seulement le projet de ferme aquacole suscite des craintes quant à l'impact sur les espèces locales, mais il pose aussi la question des ressources en eau nécessaires à son fonctionnement. Stéphane Trifiletti, conseiller régional, a également mis l'accent sur le fait qu'il est impératif de protéger ce que l'on apprécie, arguant qu'un tel projet mettrait en péril l'écosystème local qui abrite des espèces précieuses.
Au-delà des inquiétudes environnementales, le débat sur la souveraineté alimentaire a également pris de l'ampleur. Benoît Biteau, député de Charente-Maritime, a dénoncé l'alimentation des saumons avec des poissons pêchés au large des côtes africaines, soulevant une question éthique majeure quant à la production alimentaire responsable.
Les voix s'élèvent, appelant à un modèle économique plus durable et respectueux de l'environnement. Les jeunes manifestants ont exprimé leur désir de voir leur territoire se développer de manière éthique, et non sous un modèle économique destructeur. La mobilisation semble témoigner d'un changement de mentalité : les habitants du Verdon et des communes alentours veulent être les acteurs de leur avenir, en protégeant les ressources naturelles qui les entourent.
Dans ce contexte, les autorités et les promoteurs de la ferme aquacole doivent prendre en compte cette forte opposition populaire et réfléchissent à une approche qui pourrait allier développement économique et respect de l'environnement. Avec un tel engouement pour la préservation des terres et de l'écosystème, il est clair que la lutte pour l'avenir du Verdon-sur-Mer n'est pas encore terminée.







