Dans son ouvrage intitulé La ville du soin. Territoires : le bien-être à portée de main, Carlos Moreno élargit son concept de ville du quart d’heure. Il évoque une approche urbanistique qui met l'accent sur la santé, la proximité, et le lien social entre les citoyens. Ce livre se veut à la fois un manifeste politique et un guide pour les élus désireux de repenser le bien-être dans nos villes.
Et si cet ouvrage devenait essentiel pour les nouveaux maires ? Carlos Moreno, comme le rapporte le Monde, actualise son idée de ville du quart d’heure en y intégrant un principe de soin, qui concerne non seulement les services pratiques, mais aussi l’attention portée aux habitants et aux écosystèmes environnants.
Au cœur de son propos réside l’idée que l’organisation territoriale doit permettre d’accéder facilement aux besoins fondamentaux : se loger, travailler, se soigner, se nourrir et apprendre. En inscrivant cela dans un « urbanisme du soin », il cherche à dépasser l'efficacité fonctionnelle au profit d'un bien-être global pour tous.
L’Occitanie en exemple
Le livre se distingue par sa clarté et sa capacité à rendre accessibles des enjeux souvent perçus comme complexes. Nourri par quinze années de recherche et d'expérimentation, il présente des initiatives concrètes : promotion des mobilités douces, relocalisation alimentaire, infrastructures sociales de proximité, et accès facilité aux services de santé. Moreno aspire à ce que le bien-être devienne un droit universel et non simplement un privilège des métropoles riches.
La région Occitanie illustre parfaitement ce renouveau. L’auteur met en avant les politiques proactives en matière de santé et d'alimentation locale, pilotées par Carole Delga, présidente de la région. Parmi les initiatives significatives, on retrouve le dispositif « Ma santé en 15 minutes » et les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), tous deux axés sur une approche durable et locale de la santé et de l'alimentation.
Cependant, bien que l’ouvrage serve indéniablement de manifeste, des interrogations subsistent quant à la précision opérationnelle de certains concepts. Les enjeux de gouvernance et de financement, ainsi que des conflits d’usage, pourraient être approfondis. De même, des problèmes tels que la gentrification et les inégalités sociales méritent une analyse plus rigoureuse.
Malgré tout, la force mobilisatrice de cet ouvrage est indéniable. En plaçant le bien-être, la proximité et la qualité des liens sociaux au centre de l’action publique, Carlos Moreno fait évoluer le lexique et les priorités de l’urbanisme contemporain, rompant avec des logiques de compétitivité au profit d'une vision plus humaine et solidaire.
Dans un paysage politique local en pleine réévaluation, La ville du soin s’impose comme un outil essentiel pour les élus et les citoyens en quête d’un avenir meilleur.







