Amiens, une ville historiquement socialiste, a fait un retour inattendu à cette tradition avec l'élection de Frédéric Fauvet, représentant d'une union de la gauche, lors des élections municipales de 2026. Après une longue période sous l'emprise du divers centre, cette victoire marque un tournant significatif pour la ville de plus de 130.000 habitants.
Frédéric Fauvet, âgé de 57 ans et conseiller départemental de la Somme, a triomphé avec 37,71% des voix dans une quadrangulaire compétitive, surpassant Hubert de Jenlis, le maire sortant, qui a obtenu 35,71%. Les autres candidats, Damien Toumi du RN et Julia Bellina sans étiquette, ont respectivement reçu 14,33% et 12,25% des suffrages. Ce résultat résonne comme une forte affirmation de la résilience de la gauche, particulièrement en période d'incertitude politique.
Le candidat socialiste a souligné l'importance de l'unité à gauche, déclarant à l'AFP, « la gauche s'est rassemblée, elle sait toujours le faire dans les grands moments ». En revanche, le QG de de Jenlis affichait des visages abattus. « Je suis surtout triste pour ma ville, triste pour les Amiénois », a-t-il lamenté, avertissant que « la division est mortifère ».
Amiens avait été sous la direction de la gauche dans les années 2000, avec Gilles Demailly à sa tête de 2008 à 2014, avant de sombrer sous une gouvernance plus centriste. Fauvet lui-même a navigué dans les eaux politiques comme un acteur engagé, ayant été premier secrétaire fédéral du PS dans la Somme. Sa formation s'est notamment enrichie dans le milieu associatif en tant que président de la branche Nord-Ile-de-France de la Fédération Léo-Lagrange.
Alors qu'il se définit comme un « enfant d'une cité ouvrière », Fauvet a évoqué son parcours initié par le syndicalisme étudiant, affirmant que « politiquement, ma boussole, c'est Olivier Faure ». Il a salué le défi lancé par Faure de revitaliser le PS post-mandat Hollande, tout en rappelant ses luttes contre la loi Travail, un épisode qui l’a particulièrement marqué. L'avenir d'Amiens se présente ainsi sous un nouveau jour, cela aura-t-il des répercussions sur la dynamique politique locale dans les années à venir ?







