Après plusieurs jours de manifestations autour des cartes scolaires en Corse, l'académie a décidé d'ajuster ses projets. Les propositions initiales, refusées par les syndicats mardi dernier, ont été revisitées lors de deux réunions tenues ce vendredi avec le recteur, Rémi-François Paolini.
Cette révision des cartes scolaires s'inscrit dans un moment charnière, après des rassemblements dans les écoles et une grève nationale dans l'éducation. En Haute-Corse, le projet rejeté a été amélioré suite à ces nouvelles discussions. Le recteur précise : « Nous avons examiné chaque situation pour établir une carte scolaire équilibrée ». Il souligne l'importance d'adopter une approche précise, évitant une vision trop comptable : « C'est un travail minutieux, centré sur les écoles et les classes ». Malgré cela, l'académie doit se conformer à des contraintes budgétaires, devant supprimer 11 postes dans le premier degré, dont 6 en Haute-Corse, en raison d'une baisse démographique et de décisions nationales. « Nous faisons face à une loi de finances qui impose la suppression de près de 2 000 postes », rappelle-t-il.
Sous l’impulsion collective, les syndicats ont fait valoir leurs demandes. Fabien Mineo, secrétaire départemental du SNUipp-FSU, évoque « une évolution significative de la carte scolaire », fruit des mobilisations. Parmi les changements notables, des améliorations pour le CDAV à Bastia, ainsi qu’une ULIS école dans le Grand Bastia. « Les besoins des enfants en difficulté sont désormais mieux pris en compte, c'est vraiment positif », ajoute-t-il. À Bastia, les fermetures envisagées ont été considérablement réduites ; de cinq, elles seraient désormais limitées à deux. Les mesures pesant sur les écoles Charles-Andrei, Jean-Toussaint-Desanti et Ange Brand Defendini maternelle ont été retirées, et un sursis d'un an a été attribué à Desanti. Gilles Simeoni, le maire de Bastia, souligne l'importance de garantir des conditions d'enseignement acceptables : « Nous sommes prêts à faire des efforts mais sans compromettre la qualité de l'éducation ».
Rural et équité territoriale au cœur des arbitrages
Les écoles rurales occupent une place centrale dans ces discussions. L’école de Vivario, initialement menacée, a été sauvée, le recteur indiquant : « Elle ne fera pas partie des fermetures prévues », bien que des compromis soient nécessaires sur la structuration. Pierre-Paul Paolantonacci, du STC Educazione, évoque également des progrès à San Giuliano et Santa-Maria-Poggio : « Les deux écoles ne fermeront pas ». Il annonce également une réduction des postes PASS, soulignant un changement par rapport au projet initial.
Dans la région de Corse-du-Sud, le rejet de la carte scolaire par les syndicats a également suscité des débats. Bien que certains compromis aient permis de « limiter les dégâts », des fermetures restent contestées. Jean-Pierre Luciani, secrétaire national du STC Educazione, évoque la situation délicate de l'école de Bastelica : « Toucher à une école rurale, même avec des effectifs en baisse, est souvent le premier pas vers sa disparition ».
Les décisions finales sont encore à déterminer. En Corse-du-Sud, une réunion est prévue le 8 avril et en Haute-Corse le 9 avril. Les syndicats envisagent d'ajuster leur position en fonction des résultats de ces réunions. Fabien Mineo conclut : « Notre vote dépendra des propositions confirmées jeudi ».







