Les institutions éducatives corses réagissent vivement aux propos de l'ex-ministre de l'Éducation nationale, qualifiant ses déclarations de "choquantes".
Le 4 avril dernier, Jean-Michel Blanquer a suscité une onde de choc sur l'île avec ses commentaires sur le système éducatif corse. Dans un post sur X, il a décrit les écoles immersives créées en 2021 comme étant "illégales et inconstitutionnelles", et a évoqué une atmosphère où les élèves seraient incités à "dénoncer ceux qui parleraient français durant la récréation". Il a par ailleurs affirmé devoir dire "non au séparatisme" se manifestant dans le domaine éducatif.
Cette intervention a provoqué une réaction immédiate des responsables éducatifs de l'île. Selon France 3, Ghjiseppu Turchini, président du réseau des écoles associatives immersives Eskolim et Scola Corsa, a réagi via un communiqué, qualifiant les propos de Blanquer d’"outranciers". Il a ajouté que ces déclarations ont ébranlé de nombreux observateurs et que son offre éducative constitue une réponse essentielle à un besoin culturel en Corse. "Nous ne visons jamais à promouvoir un monolinguisme", affirme-t-il.
Une méconnaissance flagrante des réalités éducatives et culturelles en Corse
Les commentaires de Blanquer ont engendré une série de réactions de personnalités politiques locales. Le député LR de Haute-Corse, François-Xavier Ceccoli, a qualifié ses propos d'"excessifs et injustes, basés sur des rumeurs fallacieuses". Michel Castellani, député LIOT, a proposé à Blanquer d'"visiter les écoles immersives pour éviter d'étaler ses fantasmes jacobins", indiquant qu'il serait surpris par le niveau d'enseignement, en particulier en français.
Paul-André Colombani, un autre député LIOT, a dénoncé ces "propos caricaturaux, indignes d'un ancien ministre de l'Éducation", soulignant que l'enseignement immersif propose une éducation de qualité pour les enfants corses. Un soutien d’Emmanuel Macron, le maire de Bonifacio, a également critiqué l'analyse de Blanquer, regrettant qu'un ancien ministre de son propre parti manifeste une telle "méconnaissance des réalités corses".
En réponse à cette vague de critiques, Jean-Michel Blanquer a renvoyé ses opposants à une tribune publiée dans Le Figaro, co-écrite avec le constitutionnaliste Benjamin Morel, où ils dénoncent la dérive "clientéliste" des politiques publiques en Alsace et en Corse.







