Dans un post sur X (anciennement Twitter), l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, n'a pas mâché ses mots à l'égard des écoles immersives en Corse, les qualifiant d'"inconstitutionnelles" et dénonçant un système "aux ferments de séparatisme". Les déclarations de Blanquer ont fait résonner des critiques à l'échelle nationale, notamment lors du week-end du 4 avril.
Dans ce tweet, il a souligné : "Dans l’indifférence générale, depuis la rentrée dernière, ont été autorisées en Corse les écoles immersives, c’est-à-dire des écoles où l’on ne parle pas le français". Cela a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, et les débats ont été amplifiés par ses critiques à l'égard du modèle éducatif national.
Précédemment, dans une tribune co-signée avec le constitutionnaliste Benjamin Morel et publiée dans Le Figaro, Blanquer a affirmé que ces écoles sont "illégales et inconstitutionnelles", en révélant que des élèves sont incités à dénoncer ceux qui parlent français lors des pauses. "Il est évident que ce système renforce des dynamiques séparatistes au sein même de notre éducation", a-t-il déclaré.
Toutefois, il a précisé qu'il n'est pas contre la promotion des langues régionales, affirmant : "J'ai toujours soutenu les langues régionales, mais pas au détriment du français !"
Un réseau d’écoles hautement controversé
Les écoles ciblées par Blanquer incluent Scola Corsa, un réseau éducatif créé en 2021 qui enseigne principalement en corse et qui compte environ 200 élèves sur plusieurs campus en Corse. Ce système a été conçu pour être laïc et aligné sur les programmes d'éducation traditionnelle.
Scola Corsa fait partie du réseau Eskolim, regroupant six fédérations d'enseignement immersif, incluant des modèles similaires en basque, breton et catalan, qui totalisent plus de 14 000 élèves en France. Ce climat de tension survient alors que l'État engage des discussions sur les modalités de contractualisation de ces établissements.
Réactions en chaîne
Les propos de Blanquer n'ont pas tardé à entraîner des réactions variées. Le maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci, a défendu l'importance de la langue corse comme une partie intégrante de l'héritage culturel : "Parler corse n'est pas séditieux, mais un acte de transmission". En réponse, Blanquer a reconnu l'importance de revitaliser la langue corse, mais a mis en garde contre l'exclusion du français.
En parallèle, Nicolas Battini, chef de file de Mossa Palatina, a ajouté que garantir une place à la culture corse pourrait réduire les tensions séparatistes. "Les Corses veulent vivre en accord avec leur héritage sans menaces d'assimilation", a-t-il dit.
Ainsi, les déclarations de Blanquer, largement relayées sur les réseaux sociaux, provoquent un véritable tollé, culminant en une discussion sur l'identité nationale et le rôle des langues régionales dans l'éducation.







