Les agents pénitentiaires en Lorraine organisent des débrayages et des blocages ce lundi 27 avril, se joignant ainsi aux mobilisations menées à travers la France par l'UFAP-Unsa. Ce syndicat dénonce la surpopulation carcérale ainsi que la dégradation des conditions de travail au sein des établissements pénitentiaires.
Des actions sont prévues dans les prisons d'Épinal, Écrouves, Nancy et Toul, où les mouvements des détenus seront restreints, comme l’indique Jean-Claude Roussy, délégué régional de l'UFAP-Unsa dans le Grand Est. Selon lui, "sauf cas d'urgence médicale ou enjeux procéduraux majeurs", les entrées et sorties seront stoppées durant la journée.
Des prisons saturées
Actuellement, le centre de détention de Toul affiche un taux d'occupation alarmant de 98 %, tandis qu'à Écrouves, ce chiffre grimpe à 100 %. À Épinal, plusieurs femmes détenues doivent dormir sur des matelas au sol. Face à cette situation critique, Roussy déclare : "Nous n'avons aucune latitude pour faire face aux tensions entre les détenus. S'il y a des incidents, la seule solution réside dans le quartier disciplinaire, mais cela complique énormément notre travail."
Alors que les prisons accueillent de plus en plus de détenus, le nombre d'agents disponibles est en forte baisse. Sur les 4 000 postes de fonctionnaires dans le Grand Est, 500 restent vacants, créant une tension palpable au sein des établissements. Les témoignages de faits de violence à l'encontre du personnel se multiplient, ce qui inquiète de manière croissante les agents. "Jamais nous n'avons travaillé avec si peu de moyens," alerte Roussy, en ajoutant que "la situation est sur le point de devenir ingérable."
Ce point de vue est également partagé par FO Justice, le syndicat majoritaire chez les agents pénitentiaires. Toutefois, ce dernier ne soutient pas directement cet appel à la mobilisation. Son délégué régional, Franck Rassel, indique que d'autres mesures pourraient être explorées, notamment en encourageant le port de bracelets électroniques pour certains détenus. Il souligne que la situation actuelle est en partie due aux magistrats, qui tiennent le pouvoir de décision sur ces mesures. En parallèle, un projet de réforme de la justice proposé par Gérald Darmanin vise à adresser la question de la surpopulation carcérale, et devrait être examiné prochainement à l'Assemblée Nationale.







