André Santini, un homme de paradoxes et d'humour tranchant
André Santini, figure charismatique et maire inébranlable d'Issy-les-Moulineaux durant quatre décennies, a laissé une empreinte indélébile sur la scène politique française avant de s'éteindre à 85 ans. Membre du centre-droit, il était un fervent défenseur du cumul des mandats. Son humour caustique l’a souvent rendu célèbre au-delà de son rôle politique.
"Mon humour a été mon bouclier. Cela m’a sans doute coûté des postes ministériels", confessait Santini, souvent affectueusement appelé "Dédé" par ses proches. Son appétence pour les bons mots était aussi célèbre que son amour pour les cigares et sa silhouette imposante.
En 1989, des journalistes lui décernaient le prix de l'humour politique pour sa critique piquante du garde des Sceaux, faisant de lui une figure emblématique du sarcasme en politique : "Saint Louis rendait la justice sous un chêne. Pierre Arpaillange la rend comme un gland".
Secrétaire d'État aux Rapatriés, puis ministre de la Communication sous Jacques Chirac, Santini a également été secrétaire d'État à la Fonction publique de 2007 à 2009. Toutefois, son rôle le plus marquant resta sans conteste celui de maire d'Issy-les-Moulineaux, où il a été réélu en mars dernier malgré une campagne menée depuis son lit d’hôpital.
Sous son administration, cette ville prospère du sud-ouest de Paris a attiré de grandes entreprises internationales, comme Coca-Cola et Microsoft, accentuant ainsi son dynamisme économique.
Né le 20 octobre 1940 à Paris d’une famille d'origine corse, Santini avait commencé sa carrière politique en 1971. Élu maire d'Issy en 1980, il a flirté entre divers partis, du Parti social-démocrate à l'UDI, tout en poursuivant une carrière de député des Hauts-de-Seine qui a débuté en 1988.
En 2007, sa prise de distance avec l'UDF pour soutenir Nicolas Sarkozy a suscité des tensions, mais il s'en est sorti en déclarant : "Je n'appartiens pas à un parti, mais je reconnais un homme". Son humour incisif lui a encore valu des frictions avec les membres de son propre camp.
Santini a également eu ses démêlés avec la justice, notamment pour propos jugés injurieux à l’encontre de ses adversaires politiques. Bien qu'il ait été relaxé dans une affaire de détournement de fonds, des accusations de harcèlement sexuel viennent assombrir son héritage politique.
Réputé comme un "cyber-maire", Santini s'est engagé dans la modernisation de sa ville, plaidant pour l'importance des technologies numériques dans la gouvernance locale. En 2017, il a choisi de ne pas se représenter, laissant la place à Gabriel Attal (LREM), un choix qui a étonné et déçu certains de ses partisans.
Expert en droit de la presse, Santini a aussi fait montre de ses compétences lors de la mise en œuvre de la loi Oudin-Santini, qui autorise les agences d'eau à financer des actions de solidarité internationale. Bien que controversé, son impact sur la politique locale et nationale demeure significatif.







