L'affaire fait largement couler d'encre. À Bobigny, un vice-procureur en charge de la lutte contre le trafic de stupéfiants a avoué avoir consommé des drogues de synthèse pendant plusieurs années. Selon Le Parisien, cette situation étonnante a été révélée le 12 mai dernier. Malgré la gravité des faits, il a été sanctionné par une simple rétrogradation et un changement d'affectation, une décision qui suscite de nombreuses interrogations dans le milieu judiciaire.
Ce magistrat, âgé de 46 ans et fort de près de vingt ans de carrière, avait précédemment dirigé la division spécialisée dans les affaires criminelles et la délinquance organisée au parquet de Bobigny, ce qui l'avait amené à poursuivre activement les trafiquants et consommateurs de drogues. Pourtant, il a été découvert qu'il consommait lui-même diverses substances psychoactives depuis 2019.
Une dépendance révélée lors d'une enquête
Cette affaire éclate en novembre 2024, au cours d'une enquête portant sur une soirée de « chemsex », où les enquêteurs découvrent des liens entre le magistrat et un individu du milieu. Lors de son audition, il a admis un usage régulier de 3-MMC et d'autres drogues de synthèse.
D’après son témoignage au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), il explique que cette dérive résulte de plusieurs défis personnels : problèmes de santé, charge de travail écrasante, solitude et deuils familiaux. Le magistrat indique avoir développé une addiction en raison de sa fragilité psychologique.
Après son audition, il a endossé une injonction thérapeutique et a mis un terme à sa consommation, ce qui a abouti à l'abandon des poursuites pénales.
Une sanction jugée clémente
Reste alors la question de la sanction disciplinaire. La procureure générale de Paris avait saisi la justice en raison des atteintes à la probité, à l'image de l'institution judiciaire, et au manquement à son obligation de loyauté. Malgré ces accusations, la décision rendue récemment semble relativement bienveillante. Le magistrat n’a pas été révoqué ni suspendu, mais seulement rétrogradé et déplacé à un autre poste. Le Conseil supérieur de la magistrature a jugé cette sanction proportionnée, prenant en compte son parcours, l'absence d'antécédents disciplinaires, ainsi que ses efforts pour surmonter son addiction.







