Dans la nuit de dimanche à lundi, le stade de Tournay a été envahi par plus de 150 caravanes de gens du voyage, peu après avoir été abandonné par ceux qui s'étaient installés à Pouyastruc. Le maire, Nicolas Datas, exprime son indignation face à ce qu'il perçoit comme un traitement injuste de la part de l'intercommunalité. Lors d'une réunion du conseil municipal, il a souhaité que des mesures soient prises pour quitter la communauté de communes des Coteaux du Val d’Arros, dont Tournay est le centre.
"Je ne crois pas au hasard..." a déclaré Nicolas Datas, le visage marqué par la fatigue et l'angoisse. Cette invasion de caravanes a pratiquement paralysé les activités sportives des jeunes rugbymen, qui s'apprêtaient à participer à une finale importante. L'approche de la Fête de la musique, qui doit avoir lieu à proximité, n'apporte pas de répit. "La situation devient critique lorsque des caravanes se retrouvent aux portes de l'école", s'est-il plaint, insistant sur les désavantages subis par sa commune.
Associations, équipements sportifs ou scolaires : des inégalités insoutenables
Nicolas Datas n'hésite pas à évoquer des inégalités territoriales flagrantes dans l'attribution des ressources, accusant l'intercommunalité de favoriser certaines communes au détriment de Tournay. "Nous contribuons à hauteur de 25 à 30 % aux finances intercommunales, mais notre voix ne pèse pas dans les décisions" a-t-il souligné. Sa volonté d'engager une réflexion sur le départ de l’intercommunalité est un signal fort de mécontentement, et pourrait marquer le début d'une volonté de rupture.
En parallèle, Cédric Abadia, président de la communauté, a tenté de minimiser la situation, affirmant que les élus n'avaient pas la possibilité de déplacer les caravanes. Cependant, les tensions restent vives, car des solutions concrètes pour accueillir les gens du voyage continuent de faire défaut. Les discussions sur l'équilibre entre les communes prennent un tour plus sérieux, surtout lorsque des événements comme ceux de Tournay deviennent récurrents.
Cette situation met en lumière une problématique plus vaste, souvent ignorée : l'absence d'aires d'accueil de grand passage dans le département, un fait que Nicolas Datas n’a pas manqué de signaler. Le problème des gens du voyage dépasse largement les limites de l'intercommunalité et exige une approche concertée à l’échelle départementale.
"C'est un défi à long terme que nous devons relever ensemble, plutôt que de se rejeter la responsabilité à l’infini", a conclu le maire, en espérant que des solutions émergeront dans un futur proche.
Cédric Abadia : "Les gens du voyage, c'est un prétexte, il n'y a pas de traitement différencié"
Défendant la position de l’intercommunalité, Cédric Abadia a noté qu'aucune disposition n'avait été prise pour déplacer les caravanes, et qu'il était improbable que les élus aient un contrôle direct sur ces mouvements. "Si nous avions ce pouvoir, cela ne poserait plus problème", a-t-il déclaré, tout en engageant la conversation sur les améliorations possibles. Il a proposé un terrain intercommunal proche de la déchetterie à Tournay pour accueillir ces familles, ce qui montre sa volonté d'apporter des solutions, même face aux désaccords.
La fracture entre les communes persiste, alimentée par des décisions passées qui n’ont pas su créer un équilibre. Tournay pourrait bien devenir un symbole d’un territoire où la coopération est mise à l’épreuve, un défi à relever pour l'avenir.







