Annick, une patiente de Haute-Corse, a partagé son expérience difficile après deux années de chimiothérapie. Elle témoigne : "la reconstruction mammaire nécessite quatre opérations, avec 900 euros de dépassements d'honoraires à chaque fois, et je dois me rendre à Nice, car il n'y a plus de médecins disponibles ici." Ce constat alarmant soulève des inquiétudes quant à la désertification médicale en Corse.
Les informations fournies par la Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) précisent que pour bénéficier d'une prise en charge à 100%, la patiente doit se tourner vers son oncologue ou son spécialiste, qui doit valider le type d'intervention chirurgicale. Par la suite, une demande d'entente préalable est nécessaire. Cependant, il est essentiel de noter que l'opération doit se dérouler en Corse pour que les frais de transport soient remboursés.
4 chirurgiens à l'hôpital d'Ajaccio, aucun à Bastia
Les statistiques révèlent un besoin criant en matière de soins. À l'hôpital d'Ajaccio, environ 130 patientes subissent une opération liée au cancer du sein chaque année, avec trois chirurgiens spécialisés disponibles. En revanche, l'hôpital de Bastia ne dispose actuellement d'aucun praticien habilité à effectuer de telles opérations, ce qui met en lumière une inégalité d'accès aux soins. Cette situation a été confirmée par des représentants de l'institut régional du sein et de l'association La Marie Do.
Nouveau dispositif de prise en charge gratuite
Pour améliorer le parcours de soin, le Docteur Emilie Demarquet, de l'institut du sein d'Ajaccio, a annoncé la mise en place d'un nouveau dispositif de prise en charge. Grâce à un partenariat entre la CPAM et les résidences Domitys, les femmes de Haute-Corse peuvent bénéficier d'une prise en charge gratuite 24 heures avant et après leur opération. Cela inclut un hébergement dans ces résidences, allégeant ainsi le fardeau financier des patientes.
En outre, il est essentiel de souligner la présence de deux instituts du sein en Corse : celui de Bastia, inauguré en 2016, et celui d'Ajaccio, ouvert récemment. Ces établissements, couplés à des associations comme La Marie-Do et Inseme, fournissent un soutien médico-social précieux pour les femmes touchées par cette maladie.
Taux de dépistage toujours faible en Corse
Malgré ces avancées, la Ligue Corse contre le Cancer insiste sur l'importance du dépistage précoce, recommandant une mammographie tous les deux ans pour les femmes de 50 à 74 ans. Un dépistage précoce augmente considérablement les chances de survie, atteignant un taux de 87%. Cependant, seul 30,4% des femmes en Corse participent aux dépistages, un chiffre bien en-dessous de la moyenne nationale (50,6%). Cela souligne la nécessité d'une mobilisation collective pour améliorer l'égalité d'accès aux soins et renforcer la sensibilisation à la prévention.







