Entre les années 1960 et 2000, la Bretagne a été le théâtre de plus de 200 attentats, orchestrés par des groupes clandestins ayant pour objectif d'obtenir l'indépendance de la région. Bien que cette violence n'ait jamais atteint l'intensité observée en Corse ou au Pays basque, elle a laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective bretonne. Le Front de Libération de la Bretagne (FLB) s'est particulièrement illustré à cette époque, utilisant l'explosif comme moyen d'action.
Les années 1960, marquées par des luttes d'indépendance à travers le monde, ont également vu émerger des mouvements en Bretagne. Inspiré par des mouvements internationaux tels que celui algérien ou cubain, le FLB s'est formé avec des idées diverses mais un objectif commun : faire entendre la voix bretonne au sein de l'État français. Entre attentats et revendications politiques, ces groupes ont dressé un tableau complexe de la lutte bretonne pour ses droits.
À cette époque, dans des villes comme Pontivy, des slogans tels que « Non au désert breton » ou « Breiz Atao » apparaissaient sur les murs, témoignant d'une frustration face au déclin de la langue bretonne et à la modernisation accélérée des campagnes. Geoffrey Le Gall, professeur d'histoire à l'Université de Bretagne, affirme : « Ces actions, bien que controversées, témoignent d'une quête identitaire profonde et d'une volonté de ne pas disparaître. »
C'est ainsi que le 28 avril 1968, un attentat retentissant cible la CRS 13, provoquant des dégâts évalués à près d'un million de francs. La signature « FLB-ARB » qui accompagne l'explosion ne laisse aucun doute quant à l'identité des auteurs. Derrière cette opération se cache un groupe de jeunes militants dont les motivations étaient enracinées dans une soif de reconnaissance et de justice.
Les années suivantes seront marquées par des actions allant de la simple intimidation à des explosions dévastatrices. Toutefois, le tournant se produit en 2000 lors d'un attentat tragique au McDonald's de Quévert, tuant une jeune femme. Cet événement semble marquer la fin d'une ère pour des actions qui, bien que revendiquant une cause, ont pris des tournures catastrophiques. Les historiens estiment que cet incident est devenu un symbole de la nécessité de transformer la lutte politique pour la Bretagne en une démarche pacifique.
Alors que la région continue de faire face aux défis modernes, les souvenirs de ces actes de résistance rappellent à quel point l'identité bretonne est complexe et chargée d'une histoire qui mérite d'être racontée. Comme le souligne Anne-Marie Gloaguen, une militante culturelle : « La lutte pour la Bretagne ne se limite pas à des actes de violence, mais s'inscrit dans un désir profond de reconnaissance et d'affirmation de notre culture. »







