C'est la dernière semaine de campagne pour les candidats aux élections municipales, dont le premier tour se tiendra le 15 mars. L'occasion idéale pour examiner les thématiques qui émergent dans les discussions, en particulier celle de la mobilité, cruciale pour un territoire comme la Corse, où un quart des ménages vit en milieu rural.
En effet, la voiture reste le moyen de transport principal pour de nombreux habitants, qui l'utilisent pour accéder aux services de santé, aux emplois ou encore pour leurs loisirs. Il est révélateur que seulement 2 % des foyers corse optent pour les transports en commun, bien en deçà de la moyenne nationale de 13 %. Malgré quelques initiatives locales, comme les services de transport public dans certaines intercommunalités telles que Sud Corse, la situation reste préoccupante. Les trajets vers des établissements de service peuvent ainsi prendre jusqu'à 78 minutes pour les habitants des zones rurales, contre 33 minutes pour ceux du continent. À cela s'ajoute un coût du carburant supérieur de 12 % par rapport au reste de la France, ce qui entraîne une vulnérabilité financière pour un tiers des ménages corses, souvent exposés à une précarité énergétique.
Débat plus tendu dans les agglos
Dans les principales villes, telles qu'Ajaccio et Bastia, le débat sur la mobilité semble tout aussi complexe. Ajaccio dispose de divers moyens de transport comme des bus, un téléphérique et des navettes maritimes, mais les retours des usagers sont mitigés. Les critiques fusent, tant des habitants que des élus, qui pointent une inefficacité dans la réduction des embouteillages. Certains candidats s'opposent au coût élevé des infrastructures comme le téléphérique et proposent d'augmenter le nombre de places de stationnement pour revitaliser le centre-ville.
À Bastia, bien que le service de bus ait été révisé et des lignes redessinées, les manières de transport restent sujettes à controverse. Les débats portent souvent sur la création de nouveaux parkings et sur l'éventuelle gratuité des bus, des solutions que les opposants jugent nécessaires pour répondre aux préoccupations des habitants.
Mobilité douce
Les projets de mobilité douce suscitent également un engouement certain, avec des discours prometteurs sur l'écomobilité, le tram-train et l'intermodalité. Toutefois, ces alternatives à la voiture ne semblent pas encore prévaloir dans les habitudes des Corses. Que ce soit la promenade sur l'Aldilonda, qui relie Bastia au sud, ou les initiatives de mobilités douces, la réalité reste qu'elles ne sont pas perçues comme des solutions pratiques pour les trajets quotidiens des habitants. Malgré des projets complexes et souvent coûteux, l'application de ces solutions se heurte à des habitudes bien ancrées.
Pourtant, des solutions existent et des appels à une meilleure prise en compte de ces enjeux continuent d'émerger dans le débat public. Cette question de la mobilité, souvent sous-estimée, pourrait finalement devenir un axe déterminant de la campagne électorale, comme le souligne le quotidien France Info. C'est un sujet qui mérite toute l'attention des électeurs, alors que l'île se prépare pour une nouvelle mandature.







