En Corse, tout comme sur le reste du territoire français, c'est avant tout la dynamique du marché qui influence les prix, bien plus que l'état des stocks disponibles. Les perturbations telles que l'augmentation de l'activité des dépôts et les blocages de pétroliers entraînent une réaction immédiate des grossistes qui répercutent cette inquiétude sur le prix à la pompe. Ce phénomène est particulièrement sensible en période de tension, même si pour l’instant, le risque d'escassement de l'approvisionnement demeure limité.
Frédéric Poletti, membre du collectif "Agissons contre la cherté des carburants en Corse", souligne que cette situation est intolérable et demande une prise de conscience collective.
Les difficultés sont accentuées par la structure unique de distribution en Corse, où une seule société, DPLC (Dépôts Pétroliers de Corse), gère le stockage des carburants. Cela a des conséquences directes sur les prix, qui se basent sur les cotations mondiales des barils de pétrole et des produits raffinés.
Une tendance à la hausse persistante
Une fois que les prix ont grimpé, leur baisse est souvent plus lente. Les distributeurs expliquent que pour ajuster les prix à la baisse, ils doivent d'abord écouler les stocks acquis à un tarif plus élevé. Comme le note Charente Libre, cette logique érode le pouvoir d'achat des consommateurs.
Salomée Ruel, professeure en management et logistique, croit également que les distributeurs sont prudents avant de modifier leurs prix : "Avant de répercuter des prix à la baisse, ils attendent de voir si la tendance est réelle", a-t-elle déclaré sur TF1 en mars 2025.
Par ailleurs, le Conseil d'État doit se prononcer prochainement sur cette question cruciale. Suite à des amendes récemment infligées pour entente illégale à plusieurs sociétés, le collectif a déposé une requête afin d'obtenir une régulation du marché visant à stabiliser les prix en Corse.
Un espoir de régulation balbutiant
Cette requête a été jugée recevable par le nouveau gouvernement, a annoncé Frédéric Poletti le 9 mars. Toutefois, la mise en œuvre de solutions concrètes pourrait prendre plusieurs années, laissant les Corses face à des prix toujours plus élevés.







