Alors que le conflit au Moyen-Orient stimule la flambée des prix du pétrole, les consommateurs s'interrogent sur la répartition des coûts à la pompe en France. La montée inexorable des tarifs pousse distributeurs et gouvernement à se renvoyer la balle, chacun minimisant sa part de responsabilité.
La situation est inquiétante dans les stations-service. Depuis le début des hostilités le 28 février, lorsque les frappes israélo-américaines sur l'Iran ont été lancées, le prix du pétrole brut a connu une augmentation significative. À la fin de la semaine précédente, le litre de gazole atteignait en moyenne 1,9525 euro, soit 25 centimes de plus en seulement sept jours. L'essence SP95-E10 a également vu son prix grimper, se chiffrant désormais à près de 1,80 euro le litre.
Les prix sont largement déterminés par le cours du pétrole brut, qui représente environ 25 à 30 % du coût final à la pompe, et peuvent monter jusqu'à 45 % si l'on prend en compte le raffinage. Selon des experts, comme ceux du site économique Le Figaro, la cotation du pétrole raffiné est établie à Rotterdam. Le reste des coûts se répartit entre les frais de transport, de stockage, et évidemment les marges des distributeurs.
Concernant ces marges, des entreprises comme TotalEnergies déclarent qu'elles ne sont que de 1 à 2 centimes par litre, représentant une portion minime du prix affiché à la pompe. Dans ce débat, Michel-Édouard Leclerc, figure de proue des distributeurs, a pointé du doigt les raffineurs, affirmant que ces derniers bénéficiaient d'une position plus favorable grâce à leurs stocks.
De leur côté, des responsables de la Coopérative U, comme Dominique Schelcher, ont insisté sur le fait que plus de 51 % du prix à la pompe revient à l'État, à travers les taxes. Ces taxes, notamment la TVA et l'accise sur les produits pétroliers (TICPE), constituent presque la moitié du prix du carburant. Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, souligne que la TICPE est fixée par la loi de finances et ne varie donc pas comme le coût du pétrole.
En revanche, c'est la TVA, actuellement à 20 % en métropole, qui constitue un véritable levier fiscal pour l'État. L'association 40 millions d'automobilistes appelle à une baisse de cette taxe, la jugeant excessive, surtout pour ceux dépendants de leur véhicule pour travailler. Leur message est clair : sans une réforme de la fiscalité sur les carburants, de nombreux Français pourraient se retrouver dans des situations délicates face à la hausse des prix.
Pour l'heure, aucune baisse de la TVA n'est envisagée par le gouvernement, qui avance des coûts potentiels de 17 milliards d'euros pour mettre en place une telle mesure. Cette situation reste donc sous haute tension, à mesure que les prix continuent leur ascension.







