Le G7 est en état d’alerte face à la montée des prix du pétrole, déclenchée par les tensions au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz. Lors d'une visioconférence, les ministres des Finances ont discuté de l'éventualité d'utiliser les réserves stratégiques pour stabiliser le marché, bien qu'aucune décision définitive n'ait été prise pour le moment.
Roland Lescure, ministre français de l’Economie et des Finances, a affirmé que les grandes économies sont prêtes à intervenir si nécessaire. « Nous devons suivre la situation de près ; nous sommes disposés à mobiliser nos réserves stratégiques pour stabiliser le marché », a-t-il expliqué à Bruxelles lors d'une réunion de l'Eurogroupe. Toutefois, il a précisé que cette action ne devrait être envisagée qu’au niveau collectif.
Aucune pénurie d'approvisionnement immédiate
Emmanuel Macron a confirmé que l'utilisation des réserves pétrolières est l'une des solutions considérées. « Nous prévoyons une coordination de nos chefs d’État du G7 cette semaine concernant l’énergie », a-t-il déclaré, ajoutant qu'une réunion des ministres de l'Energie est prévue mardi à Paris. Cette rencontre se tiendra en parallèle d'un sommet nucléaire rassemblant de nombreux pays.
La Commission européenne, quant à elle, a assuré qu'il n'y a pas de risque immédiat de pénurie en Europe. Les membres de l'Agence internationale de l'énergie doivent maintenir des réserves d’au moins 90 jours d'importations, tandis que la France possède actuellement 118 jours de stocks, selon le ministère de l’Économie.
Impact sur les marchés asiatiques
Face aux tensions géopolitiques, les marchés ont réagi vivement. Le prix du pétrole a connu une hausse brutale, atteignant près de 120 dollars le baril, avant de se stabiliser grâce à l'annonce de possibles interventions sur les réserves. Néanmoins, la situation au détroit d’Ormuz, qui gère environ 20 % de l'approvisionnement mondial, continue de susciter des inquiétudes.
De nombreux pays asiatiques, dont la Birmanie et le Bangladesh, ont déjà commencé à imposer des restrictions en réponse à la flambée des prix. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a évoqué la levée des sanctions contre le pétrole russe pour accroître l’offre, tandis que le commissaire européen Valdis Dombrovskis a mis en garde contre un conflit prolongé, susceptible de provoquer une « stagflation », combinant inflation et ralentissement économique.







